‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 42 sur 239 · Id. (V, 1), IV, 366-367, note · texte numérisé non relu

Id. (V, 1), IV, 366-367, note

•Mais les porsonnages du roman ouvrent à lespérance un tiers chemin, et, en vivant devant nous, concilient ce qui paraissait inconciliable : leur piété est humaine, leur philosophie vertueuse; « Julie dévote est une leçon pour les philosophes, et Wolmar athée en est une pour les intolérants ' ». Formule qui respecte l'équilibre des deux l)artis, et qui semble d'abord confirmée par le roman luimême : Wolmar méritait de rencontrer une Julie; ce sont deux admirables natures, également dignes de sympathie et d'estime. Il n'est personne qui soit c< plus sincère que Wolmar. plus droit, plus juste, plus vrai, moins livré à ses passions, qui ait plus à gagner à la justice divine »; et pourtant, il ne croit pas; l'univers est muet pour lui, et la nature ne lui apporte « qu'un silence éternel». Cet homme froid, sur qui « la preuve de sentiment » est impuissante, a lait le tour des démonstrations rationnelles que la métaphysique religieuse s'est ingéniée à construire, il en est revenu avec une incrédulité entière, mais qui « ne dogmatise jamais »; une incrédulité simple, point fanfaronne ni intolérante, sans « cette ironique fierté des esprits forts », avec une réserve grave et silencieuse, qui impressionne davantage 2. Cette vie, si noble et si décente, semblerait l)rouver, à elle seule, ce que Rousseau précisément refusait de reconnaître dans sa Lettre à D'Aleinbert, « qu'on pouvait être vertueux sans religion ^^ ». Wolmar et Julie, également vertueux, l'un dans son impiété, l'autre dans sa dévotion, sembleraient devoir réconcilier la religion et la « philosophie » dans une estime et une tolérance réciproques. Mais cet équilibre entre les deux interprétations possibles de la vie est un équilibre fictif; et, si, grâce à Wolmar et ' Julie, la réconciliation doit se faire un jour entre les deux partis, elle ne se fera point sur un pied d'égalité. Wolmar expose ses idées, mais ne les défend point : « Mon seul

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