‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 43 sur 239 · Lettre à D'Alembeii, I, 243, note · texte numérisé non relu

Lettre à D'Alembeii, I, 243, note

principe actif, dcclare-t-il, est le goût naturel de Tordre ' »; et c'est là toute sa justificalion, tandis que cette même morale de « l'ordre » est vigoureusement attaquée par Julie, et que, devant ses arguments serrés, « les fantômes de raison », où se complaisait Wolmar, (( fuient comme une ombre devant l'immuable vérité - ». Du reste, Wolmar lui-même n'est pas si loin du christianisme qu'il le laisse dire, et que peut-être il se le persuade. <c Si Dieu juge la foi par les œuvres, c'est croire en lui que d'être homme de bien »; si « le vrai chrétien, c'est l'homme juste », Wolmar est un chrétien qui s'ignore. Et il ne s'ignorera pas toujours. La vie d'une « vraie chrétienne », comme Julie, fait connaître à l'incrédule « une religion si aimable, qu'il ne peut résister à cet argument^ ». A plusieurs reprises, « la conversion de Wolmar est indiquée avec une clarté qui ne pouvait souffrir un plus grand développement, sans vouloir faire une capucinade* ».

A dire vrai, cette conversion n'est qu'une satisfaction sentimentale donnée au lecteur attendri. Elle n'était pas nécessaire pour conférer à l'œuvre tout son sens, qui est celui d'une apologie religieuse. Si c'est le principal intérêt de la Nouvelle Héloïse de suivre l'histoire d'une âme dans son complet développement, l'histoire de Julie est l'histoire de la régénération d'une âme par la religion. Le centre de l'action, comme du livre, se trouve au temple, « dans ce lieu simple et auguste », où le ministre, qui parle au nom de Dieu, en « prononçant gravement la sainte liturgie », en commentant les fortes paroles de l'Écriture, répand sur les esprits une lumière décisive, fait comprendre à l'épouse presque contrainte, à l'amante qui ne peut encore oublier, « la pureté, la dignité, la sainteté du mariage,... ses chastes et sublimes devoirs, si importants

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