Profession de foi [il
trostenlation, s'il fie prenait d'abord une valeur symbolique. Mais renoncer au bien-être, éviter les tentations, vivre pur et pauvre, consacrer toutes ses forces à une dure mission de justice et de vérité — cet austère programme ne semble se légitimer, en fin de compte, que si tout ne se borne pas « à l'usage de cette vie », et si l'on craint que « la jouissance des biens de ce monde » ne risque « d'exposer le sort éternel de notre âme ^ ». Dans la première réforme de Jean-Jacques, il y a déjà une foi religieuse impliquée, foi d'abord inconsciente, puis qui s'affirme peu à peu à travers les ironies ou les objections « philosophiques », mais qui se sent encore mal fondée en raison. Une protestation comme celle du dîner chez Mlle Ouinaiilt n'est qu'une protestation « d'ami », — le mot lui-même est de Rousseau - — « d'ami » qui ne veut pas lâchement trahir, devant des adversaires; les sentiments de son cteur; mais ce n'est pas une protestation de l'intelligence. Au contraire, cette intelligence résiste mal à toutes ces attaqu-es; et, sans être convaincue, elle se sent ébranlée : <f Je ne sais pas vous combattre, répondait-il toujours aux amis « philosophes » qui essayaient de faire sa conquête, mais je ne veux pas vous croire * ». Pourtant cette fin de non-recevoir laissait une inquiétude derrière elle : si vraiment ils avaient raison, s'il devait renoncer à la belle espérance qu'il ne voulait pas abandonner? Peut-être sa rentrée dans l'Église nationale avait-elle été préparée par un premier inventaire intellectuel, mais elle fut d'abord et surtout un geste civique. Davantage, nous l'avons vu, le séjour à Genève, les conversations ou lectures que ce séjour provoqua, durent amorcer des réflexions et des recherches; mais il est probable que la vie de Paris