Mon portrait [41], 275, 2C0-20I
dique do son esprit, et que, de toute son œuvre, sans même excepter le Contrat social, c'est peut-être là qu'il s'est imposé le plus courageux effort pour ord.niner et construire.
Néanmoins, à travers toutes ces incohérences partielles, dont plusieurs, mais pas toutes, sont inconscientes, il y a uae unité^iirofgiide, qu'il n'est point difficile d'apercevoi&n il y a un élan commun qui emporte le tout. La vérité que^ proclame le Vicaire à son disciple, n'est peut-être pas une, mais l'attitude qu'il lui conseille devant la vérité est une. Et c'est dans celte attitude que Jean-Jacques se révè]^ tout entier. ^
Aussi, i)Our être jugée à son prix, la Profession de foi U-^^ .doit être regardée d'abord — et presque uniquement — comme un nouveau Discours de la méthode. Rousseau a bien compris lui-même que c'était là l'essentiel de son système : « Les sentiments que vous venez de m'exposer, fait-il dire par le disciple au Vicaire, me paraissent plus nouveaux par ce que vous avouez ignoi'cr que par ce que vous dites croire' ». H n'entend point par là que \& Profession de foi soit un bréviaire de négations; il revendiquera même plus tard, et hautement, le caractère « affirmatif » de ce mani- ( Teste 2; mais, comme Marie lluber, il a conscience que' l'originalité de sa pensée « ne consiste pas à présenter de nouveaux dogmes ou de nouveaux préceptes de morale », mais à supprimer dans le vieil héritage religieux ce qui est » confus, embarrassé ou contradictoire », à s'arrêter en temps utile devant les affirmations imprudentes qui dépasseraient notre pouvoir de comprendre, à sentir et à l'aire sentir l'inanité de certaines tentatives pour enfermer l'univers dans des formules intellectuelles. En ce sens-là. le Vicaire peut déclarer, avec Marie Huber, que sa profession de foi est « plus négative que positive 3»; maison
2. Lettre à M. de Beaumont\ Lettres de la montagne, HT, lOS, 123, 142.