Go et suiv
notre foi dans nos notions i)riniitivcs >- ; revenons au seul livre ouvert à tous, intelligible à tous, qui nous manifeste à tous le môme Dieu, et nous commande le même devoir : le livre de la nature, « grand et sublime livre », où l'on retrouve, en toute vérité, « son divin auteur' ».
Ceci dit, le Vicaire Savoyard commence ce discours inattendu : « A l'égard de la révélation, si j'étais meilleur raisonneur ou mieux instruit, peut-être senlirais-je sa vérité, son utilité pour ceux qui ont le bonheur de la reconnaître... D'ailleurs, je vous avoue que la sainteté de l'Évangile est un argument qui parle à mon cœur, et auquel je n'ai rien à répondre - ». Ainsi la lourde machine de guerre, qu'il a mise en mouvement contre toute révélation, semble avoir joué à faux, et demeurer -* impuissante contre la révélation chrétienne. 11 laisse là « les principes de la raison », dont il vient de dire qu' « il n'y a rien de plus incontestable " », pour s'abandonner sans surprise, comme sans scrupule, <( aux argu-, ments qui parlent à son cœur ». Après avoir fait fi des livres, il reprend l'Évangile pour l'admirer; après avoir / défendu l'indépendance de la religion à l'égard de This- j toire, il s'attendrit sur l'histoire de Jésus; après avoir j réclamé du croyant la critique de ses livres sacrés, il la déclare inutile : l'Évangile rend un son de vérité; << les faits de Socrate, dont personne ne doute, sont moins attestés que ceux de Jésus-Christ ». 11 y a plus. L'Évangile n'est point (( l'ouvrage des hommes ■>, et celui dont il parle est plus qu'un homme. Qu'on le mette en pai-allèle avec ce que la sagesse antique a produit de i)lus noble et de plus vertueux, ou sent assez que sa grandeur est d'un autre ordre, et qu'il dépasse les plus grands : il est « le juste » prédit par Platon; il est le saint par excellence : » Si la vie cl la mort de Socrate sont d'un sage, la vie et