Cf. ConfrssloDS, Vllb
6. Lellre à D'Alcmbcrl, I, 184, note; Profession, 347-349. 531
le << philosophe », le prêtre reparaît. Le « philosophe» nie les dogmes ; le prêtre ne les reprend pas, mais il conserve le sens du mystère.
Au reste, il n'est pas aussi libéré des (c dogmes » qu'il se le figure ou qu'il le désire; et sa représentation, qu'il croit l)urement i< raisonnable » et « naturelle « de l'univers et de la vie, est enfermée dans un cadre chrétien. Que déjà le « théisme » du xviir' siècle gard.il. sans le savoir ou l'avouer, tout un résidu de christianisme, il est superflu de le montrer. On peut dire de ce théisme ce que Jean- Jacques avec clairvoyance dira de la morale philosophique : <( elle est chrétienne avant d'être philosophique ' ». Peutêtre n'a-t-il pas senti celle filiation de la religion naturelle et a-t-il cru bravement que « le système de Clarke » était l'expression de la « raison » toute nue et toute spontanée. Mais ce théisme même, inconsciemment chrétien, Rousseau le christianise davantage. Dans cet univers providentiel, si précisément organisé, l'homme se retrouve la créature élue de Dieu et le centre des dilections divines, comme dans la théologie chrétienne. Kt, pour remplir l'hiatus entre l'homme et Dieu, il semble bien que Jean-Jacques, a[)rès quelque hésitation, ne dédaigne pas de recourir aux anges 2. Mais c'est surtout dans sa conception de la naturel humaine que le chrétien reparaît. Nous aurons à chercher plus loin ^ dans quelle mesure peuvent se concilier chez lui la conception philosophique et la conception religieuse de l'homme; constatons, dès à présent, que le Vicaire Savoyard semble presque toujours ''^ oublier qu'il y a un « homme de la nature », sans pensée, sans rétlexion, heu-
\. Lettres de la montagne, III, 140, note.
2. Cf. 159 et note 2, 287 et les textes cités à la deuxième note 2.