Sauf p
La rclirçion do .J. J. Rousseau. — II. 8
reux d'avoir un corps, animal robuste et sain, qui n"a d'autre liorizon que celui de ses yeux. L'homme dont il parle est travaillé par des « inquiétudes », des <( désirs », un (( orgueil même », qui peuvent être une soufl'rance, mais qui lui font pressentir une aulre destinée, et qui l'entraînent en espérance liors des limites étroites de la prison corporelle '. Le corps et les sens nous maintiennent dans un monde d' « illusions »; « nous ne vivons qu'à moitié durant celle vie, et la vie de l'âme ne commence qu'à la mort du corps 2 ». A vrai dire, (c ce corps n'est pas à nous ' » : c'est lui qui nous empêche d'être pleinement nous el de jouir de la vraie vie. La vie terrestre n'est qu'une lutte entre l'âme émancipatrice et le corps qui nous accable de ses liens. « En nous sentant entraînés, combattus par ces deux mouvements contraires, nous nous disons : Non, l'homme n'est point un; je veux et je ne veux pas; je me sens à la fois esclave et libre,... esclave par mes vices, et libre par mes remords ' », <■ La conscience est la voix de l'àme », les passions sont « la voix », et presque « la loi », du corps; trop souvent, <c l'être actif obéit, l'êlre passif commande'* ». La nature qui parle à nos sens n'est point celle qui parle à nos cœurs. L'homme porle en lui même une douloureuse contradiction. Après quoi, et timidement d'ailleurs, le Vicaire afllrmei-a <■ la bonté de la nature », ou, du moins, la « conformité » de notre nature avec la bonté, et, en quelque sorte, notre prédestination à être bons : cette théorie apparaiti'a comme superposée à la conception générale que le Vicaire se fait de la vie : ((Ah! ne gâtons point l'homme, s'écrie-t-il; il sera toujours bon sans peine ». Oui! peut-être l'homme de la nature, qui ne porte pas en lui ce conllit inévitable et permanent de l'âme et du corps, qui n'a ni réflexion ni religion; mais