Cf. 193 : « Non," Dieu de mon àme ■., etc
déclarer lui-même « qu'il serait à désirer, pour le bien des hommes, que ce fût celle du genre humain * »; mais, avant d'être un bréviaire pour les autres, elle est le cantique passionné, où se soulage une âme qui croit en Dieu, au Dieu de l'univers, sans doute, mais plus encore peut-être au Dieu qu'elle porte en soi et qu'elle se sent devenir. C'est même dans ce besoin de se diviniser, de goûter dès ici-bas, par les « sublimes contemplations ^ «, un commencement de vie divine, que la Profession de foi trouve son unité profonde. J'ai déjà essayé de montrer que la méthode du Vicaire, en apparence incohérente, redevenait une, si l'on y cherchait surtout une tentative d'affranchissement, rallrandiissement d'une âme qui veut être soi. Cette remarque va nous aider, semble-t-il, à mieux comprendre, dans la Profession, le sentiment dominateur. « Que m'imp orte ce que deviendront les méchants, s'écrie le Vicaire, je ne prends aucun intérêt à leur sort ^ ». C'est le premier mouvement, et c'est le vrai. Jean-Jacques ne s'intéresse qu'aux justes, et, pour parler franc, au seul juste qu'il connaisse, et peut-être qui existe, c'est-à-dire à lui. Il peut revendiquer pour ses frères luniversalilé du salut; mais ce n'est là qu'un intérêt épisodique et comme un artifice de discussion. rLui-mème n'est guère en peine du sien : le salut de Jean-Jacques est trop évident; et puis, la religion n'est pas tant, pour lui, un instrument de salut, q«"une libération des servitudes terrestres et l'initiation à une vie supérieure. Entre Dieu et moi, dira le Vicaire, je voulais d'abord « des communications plus immédiates, des instructions plus particulières; et, non content de faire Dieu semblable à Tbomme, pour être privilégié moi-même parmi mes semblables, je voulais des lumières surnaturelles...; je voulais que Dieu m'eût dit ce qu'il n'avait pas dit à d'autres, ou ce que d'autres n'auraient pas entendu