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faut en sortir par une affirmation, car (( nous aimons mieux nous tromper que de ne rien croire ' ». C'est alors que, dans ce désarroi provisoire, une seule attitude se présente à l'esprit de Jean-Jacques comme légitime. Chercher une solution rationnelle du problème de la vie est impossible, puisque la raison, consultée par les philosophes, ne fournit que des réponses incohérentes et contradictoires; mais il reste quelque chose de possible : c'est de faire confirmer par la raison les vérités qu'elle ne sait pas découvrir 2, c'est de se fier à « la lumière intérieure », aux évidences du cœur, servies par un grand « amour de la vérité », et de soumettre à la raison leurs données primitives, non pour en faire la critique, mais pour tâcher de les justifier, pour en apercevoir les concordances et les liaisons, pour en faire un tout méthodique En d'autres termes, il s'agira de faire « confirmer par la raison même la règle de se livrer au sentiment plus q la raison '^ ».
Tel est ce long travail de construction et de restauration rationnelles sur des bases sentimentales que Jean-Jacques entreprit à l'Ermitage. La grande lettre qu'il écrivit à \'oltaire en août 1756, quatre mois après son installation dans la petite maison de Mme d'Épinay, nous fournit un bon exemple de cette méthode, et nous permet d'assister sur le yif à l'une de ses méditations. Le Poème sur le désastre de Lisbonne lui avait précisément remis sous les yeux quelques-unes des objections traditionnelles, chères aux philosophes, pour bannir Dieu du gouvernement des choses humaines. Ces objections, il les analyse par le menu, les réfute une à une, s'aventure même dans des arguments tirés de l'astronomie ou de la physique mathématique, et se sent ainsi la raison en paix pour adhérer au dogme de la Providence. Mais cette longue dissertation,
{.Allégorie sur la révélation; II" et ///<= Lettres à Sophie [26i, I7.ï. 147, 148; Profession de foi [il], al, 57-59.