CHAPITRE IV
Le Mcaire Savoyard avait dit à son disciple : « Vous sentirez que, dans l'incertitude où nous sommes, c'est une inexcusable pzvsomption de professer une autre religion que celle où l'on est né, et une fausseté de ne pas pratiquer sincèrement celle qu'on professe ' ». Ce que le Vicaire avait dit, Jean-Jacques le fît; et le premier commentaire qu'il donna à sa « profession de foi » fut celui de l'exemple. Le 24 août 1762, un mois environ après son installation à Moliers, et trois mois à peine depuis qu'il avait quitté la France en proscrit, il écrivait au pasteur du village, pour lui redire, « avant d'approcher de la sainte fable », qu'il entendait bien, malgré le scandale causé par aon livre, demeurer un fidèle du clirislianisme réformé : « Je suis attaché de bonne foi, assurait-il à M. de Montmollin, à cette religion véritable et sainte, et je le serai jusqu'à mon dernier soupir. Je désire être toujours uni extérieurement à i'Église, comme je le suis dans le fond de mon cœur; et, quelque consolant qu'il soit pour moi de participer à la