Profession de foi
communion des fidèles, je le désire, je vous proleste, autant pour leur édification et l'honneur du culte, que pour mon propre avantage, car il n'est pas bon qu'on pense qu'un homme de bonne foi, qui raisonne, ne peut être un membre de Jésus-Christ ' >■>. Dans la pensée de Rousseau, ce n'était là que des paroles vaines, par où il soulageait sa conscience, sans plus; car il ne supposait point qu'un ministre de Neuchâtel pût admettre à la Sainte-Cène, sur cette seule déclaration, le philosophe qui se refusait à rien retrancher, ou même discuter, de son Énitte. Mais il put croire un instant que le Vicaire Savoyard, réfugié à Motiers, avait trouvé là, dans des montagnes presque savoisiennes, cette pauvre cure « de bonnes gens », qu'il aspirait à desservir-. Au grand étonnenient de Jean-Jacques, le pasteur et les anciens de la paroisse accueillirent en frère ce fidèle inespéré, qui les flattait et, peut-être aussi, les touchait. Jean-Jacques fut « surpris », mais i)lns encore >' consolé » : il se crut conduit par la Providence dans une communauté de la primitive Église, alors que les chrétiens cherchaient seulement l'union des cœurs dans la confiance en un même Dieu et dans la pratique de la charité. Cette pauvre âme, qui avait besoin d'être aimée, s'abandonna en toute candeur à ce semblant de fi-aternité. « Il faut être opprimé, malade, et croire en Dieu », pour sentir « l'extrême douceur » d'un accueil affectueux, a Au moins, se disait-il, je suis parmi mes frères ; et il alla communier avec une émotion de cœur et des larmes d'attendrissement », qui se renouvelèrent plus d'une fois au temple, dans les premiers temps -^
Cet attendrissement n'est pas joué. La communion- de Motiers ne ressemble pas aux indécents « poissons d'avril » de Ferney : un peu déconcertante d'abord, mais sincère,