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LES COMMENTAIItES HE LA « PROFESSION DE FOI ». 125
Il lélait peot-etre moins quand, après avoir écrit sa loi Ire à M. de MonlmoUin, il venait la lui conimenter V(M'baIenient, et làcliait d'apaiser les premiers remords du pasieur. 11 lui présentait alors un petit résumé de ]a Profession de foi, qui péchait an moins par omission. A Ton croire, en écrivant son Emile, il n'avait eu garde de s'en prendre à la religion chrétienne réformée; mais « il avait eu uniquement dans son plan ces trois objets principaux : premièrement, de comhallre TÉglise romaine, et surtout ce principe qu'elle adopte, (luel'on ne peut être sauvé hors de l'Église, juiisqu'un païen, homme de l)ien comme un Socrate,... [louvait être sauvé, quoiipie hoi-s de l'Église; à celte occasion, il a exalté la religion naturelle, comme étant le fondement de la révélée; et il a pu dire des choses que l'on a appliquées à la religion chrétienne réformée, mais ce n'a jamais été son intention; secondement, de s'élever, non pas précisément directement, mais pourtant assez clairement, contre I'oun rage infernal de Vesprit, qui, suivant le principe détestable de son auteur, prcLcnd que sentir et juger sont une seule et même chose, ce qui est évidemment établir le matérialisme ; troisièmement, de foudroyer plusieurs de nos nouveaux philosophes, qui, vains et présomptueux, sapent par les fondements et la religion naturelle et la religion révélée ». C'est MonlmoUin qui résume ainsi les explications de Jearii-Jacques dans une lettre à « son très cher frère » et insupportable ami, le pasteur Jean Sai'asin rie Genève ' ; mais cette lettre a passé sous les yeux de Rousseau, qui ne s'est pas contenté de l'approuver tacitement : il en a retouché le texte-. Luimême reconnaîtra plus tard cjue Montmollin, dans cette lettre, « à peu de chose près, avait eu grand soin de ne lui faire dire que ce ((u'il aurait pu dire en effet-' ».