‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 87 sur 239 · Lettre à Salomon Reverdil [84]. 111, 22S et note · texte numérisé non relu

Lettre à Salomon Reverdil [84]. 111, 22S et note

2. Le mot « pliilosophiste » est, en elfct, emprunté à Vernet, Lettres d'un voyageur anglais [.318 A], l, 21 : cf., dans mon édition de la Profession [47], les notes des p. 451 et 537.

3. Lettres de Moultou ù Rousseau, des T' juillet, 21 août, 10 septembre 17C2 [27], L ^9, 57, 59.

disait-il, la religion de Rousseau qui le fit décréter à Genève. Ceux qui le persécutèrent n'étaient pas des chrétiens, mais ils se servirent, pour le perdre, de liniljécile crédulité de quelques chrétiens. C'est dans le temps qu'ils soutenaient Voltaire d'une main, qu'ils écrasaient Rousseau de l'autre; et la Profession de foi du Vicaire ne fut que le flambeau avec lequel un peuple libre biûla le Contrat social ' ».

On l'avait bien vu à l'apparition même de VÉniile. Dès la fin de juin 1702, quand ce vieil « avenaire » de colonel Pictet avait protesté conti'e le décret qui atteignait Rousseau, et commencé ainsi l'agitation des (c représentants'^ », les ministres avaient été les derniers à s'effaroucher ou se scandaliser. Il avait suffi à Pictet de dénoncer Voltaire parmi les instigateurs de la persécution contre Jean-Jacques, pour que la Compagnie fît bloc contre l'ennemi commun, et sentît se réveil'er toutes ses sympathies pour l'auteur de la Lettre à WAlembert. Les laïques s'indignaient même de cette coalition peu édifiante : « Si nos ministres, écrit J. L. Dupan à son ami le banneret de Freudenreich, avaient jugé Rousseau et ses livres, ils n'auraient pas osé les en remercier ; mais sûrement ils n'auraient ni brûlé ni condamné. On dirait que l'intérêt de la religion est ce qui les touche le moins; ils sont contents, pourvu que leur vanité et leur orgueil soient satisfaits. Ils font consister leur plus grand i)laisir à dire : Genève est la seule ville où l'on ne reçoit pas de comédiens; c est nous qui V empêchons. Rousseau a écrit contre les comédiens : c'est notre chevalier. Il peut toutdirc, et môme tout écrire, même contre la religion. Pictet insulte Voltaire, l'ennemi né de la superstition, de l'abus de la religion, de l'intolérance, et par conséquent de tous les ecclésiastiques du

1. Lettre à Salomon Reverdil, de septembre 1703 [84], ITI, 227: cf. encore la lettre de Marcet de Mézières à Rousseau, du 30 juillet 1702 [13].

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