Lettre à Yernet, du 31 août 1702, X
2. Lettre à Moultou, du 15 novembre 1762, X, 386 : cf encore lettre à Marcet de iMézières, du 20 septembre 1762 [84], VII, 65.
3. Lettres à Moultou, du 8 octobre; à Mme de Boufflers, du 30 octobre 1762; au marécbal de Luxembourg, du 20 janvier 1763, X, .374, 378, XI, 23; Moultou à Rousseau, lettre du 24 novembre 1762 [27], 1, 69.
liiunaino; elles n'enipèohenl point la vérité d'être, d'être ai'linivl'c et d'être crue; elles doivent seulement mettre un peu plus d'iiumanité et de charité dans les relations, sans troubler autremeni les « vrais croyants ». Jean-Jacques reste un de ceux-là. « Pourvu, s'écrie-t-il en terminant, que nous soyons tous unis en Jésus-Christ, c'est là l'essentiel. Je veux seulement vous renouveler, monsieur, la déclaration de la résolution ferme et sincère où je suis de vivre et mourir dans la communion de l'Église chrétienne réformée, l^ien ne m'a plus consolé dans mes disgrâces que d'en faire la sincère profession auprès de vous, de trouver en vous mon pasteur, et mes frères dans vos paroissiens ' ».
Au moment où Jean-Jacques écrivait ces lignes, il commençait à rédiger sa Lettre à M. de Beanmont-. Les deux lettres témoignent du même es[iiil : c'est une dernière tentative pour trouver un refuge si)irituel dans le protestantisme; c'est à la fois une affirmation de son désir et une très habile manœuvre. En s'adressant, simple citoyen de "] Genève, à un archevêque catholique, grand seigneur d'Église, duc et pair, il réveillait, dans les âmes de ses ,-eompatriotes, la vieille haine genevoise contre les gran- | deurs de chair du « papisme », et il pouvait espérer de j rallier autour de lui tous ceux qui gardaient au cœur, ' comme première passion nationale, l'horreur de « l'idolâtrie romaine ». Si la tentative avait réussi, Jean-Jacques retrouva,.it une seconde fois l'espèce de gloire civique que la Lettre à DWleinberl lui avait value, traduisait en paroles ardentes l'àme profonde de la cité, et, d'accusé, devenait apologiste.
La Lettre à M. de Beaumont prend par là tout son sens. Nulle part, dans le reste de son œuvre, Rousseau n'a été si agressif à l'égard du dogme catholique. On sent bien ^^ ((ue sa tactique, cette fois, est de se montrer aussi durement, et même grossièrement, que possible antipapiste.