‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 95 sur 239 · Lettre du 8 octobre 170?, X · texte numérisé non relu

Lettre du 8 octobre 170?, X

LKS COMMKNÏAIIŒS DE LA " l'UOFESSION DE FOI ». 137

pour les uniques règles do mes croyances; comme eux, je récuse rnulorilé des hommes, et n'enlends me soumettre à leurs formules c[u'autant cfue j'en aperçois la vérité; comme eux, je me réunis de cœur avec les vrais serviteurs de Jésus-Christ et les vrais adorateurs de Dieu, pour lui olïrir, dans la communion des fidèles, les hommages de son Église. 11 m"est consolant et doux d'être compté parmi ses membres, de participer au culte public qu'ils rendent à la Divinité, et de médire au milieu d'eux : je suis avec mes frères ». Profession de foi d'un diplomate autant que d'un fidèle, puisqu'elle témoignait de « son attachement au culte de ses pères », et que, sans rien affirmer de plus que ce qu'il croyait, elle semblait légitimer ses formules les plus osées par les maximes essentielles de la Réforme.

Mais, comme il pressentait que, sans doute, cette déclarelion serait jugée insuffisante, il ajoutait à l'adresse de ss inquisiteurs du lendemain : « Lorsque d'injustes prêtres, s'arrogeant des droits qu'ils n'ont pas, voudront se faire les arbitres de ma croyance, et viendront me dire arrogamment : a rétractez-vous »,... ils ne me feront point mentir pour être orthodoxe;... ils ne m'empêcheront pas d'êlrt! uni de cœur avec- les fidèles; ils ne m'ôteronl pas du rang des élus, si j'y suis inscrit. Ils peuvent m'en ôter les consolations dans cette vie, mais non l'espoir de celle qui doit la suivre, et c'est là que mon vœu le plus ardent et le plus sincère est d'avoir Jésus-Christ même, pour arbitre et pour juge, entre eux et moi' ».

C'est déjà le ton des Lettres de la montagne. Et ce devait être désormais le ton de Jean-Jacques. La Lettre à M. de Beaumont, qui aurait dû, semble-t-il, lui rouvrir les portes de Genève, les laissa closes devant lui. D'ailleurs, en l'écrivant, Jean-Jacques s'était bercé de chimères. 11 avait rêvé je no sais quelle amende honorable et publique quelque députation solennelle invitant le citoyen injuste ment proscrit à rentrer dans la cité repentante. INIoultou

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