‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 97 sur 239 · Moullou à Rousseau, lettre du 21 août · texte numérisé non relu

Moullou à Rousseau, lettre du 21 août

."). Sous le titre de Londres, 1704, in-8 : cf. Montmollinau pasteur Jean Sarasin, lettre du l."i janvier 1705 [534], 139; Lettres de la montagne, III, 194. Il convient pourtant d'ajouter que le Dictionnaire philoso- [ilwiue fut brûlé à Genève par la main du bourreau, le 26 septembre 1764.

6. Cf. É. Rod [590\ 161-162: Moultou à Rousseau, lettre du 4 mai 1763 [27]. I, 85.

naît pas encore, lànie mercantile, achève à grand tapage un libelle théologique contre son ami d'antan, pour sassurcr, par cette manifestation orthodoxe, une chaire à l'académie, qu'il n'eut, du reste, jamais. Et Vernes n'est pas seul : derrière lui, bon nombre de pasteurs de la Vénérable Compagnie se sentent maintenant le courage de gémir et de prolester. Vernet, prudent et qui craint les coups, a renoncé à sa réfutation, mais il a légué ses notes à A'ernes, et le dirige; les théologiens en litre l'exhortent et le fournissent d'armes; Claparède et Bonnet révisent sa rédaction : « En un mot, c'est presque l'ouvrage de tout ce monde-là ». Dernière tristesse et dernière ironie : quand ce mielleux réquisitoire contre Jean-Jacques sera terminé, le premier soin de Vernes sera de l'envoyer à l'archevêque de Paris, comme si les ministres de Genève voulaient prendre un prélat papiste (> pour juge de leur foi ». Je ne sais si l'archevêque congratula le pasteur, mais ni le Conseil ni la Compagnie ne ménagèrent leurs félicitations à « Speclable Jacob Vernes ' ».

/ Ainsi la Genève religieuse se désolidarise nettement de I Jean-Jacques. Les lettres pleuvent sur lui, où Genevois et Genevoises l'accablent de leurs « lourds sermons » et lui proposent, entre deux injures, des difficultés décisives -. A la fin, il sent l'amertume, sinon la rancune, lui monter au cœur; et ce n'est pas rexcellent ÎMoultou qui ravivera en lui la piété civique défaillante : « Genève me déplaît tous les jours davantage, lui écrit-il maladroitement, elle m'écrase^ ». Jean Jacques le comprend : lui aussi, il se détache de celte ci lé aveugle, qui ne s'est pas contentée de refuser « des statues à l'auteur d'Emile'' », mais qui n'a

1. Moultoa il Hoiiiseau, leltres dos 13 et 27 Juillet 17G3 [27j, I, 102, 104-lO.j; cf. G. YalleUe, Rousseau genevois [007], 274-278: Journal helvétique, août 1763 [58 B], 196; Tronchin à son fils, lettre du 8 août 1703 [1.33], 212.

2. Rousseau à Monltou, à Mme Lalour, lettres des 10 avril et 25 mai 1763 XI, 59, 02 : cf. déjà Lettre à M. de Beaumonl. lll, 85.

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