‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 98 sur 239 · Lrtlre à M. de Beaumonl. lll · texte numérisé non relu

Lrtlre à M. de Beaumonl. lll

LES COMMENTAIHKS DM LA <■ l'HOFESSION DE Fol >>. J i i

pas SU accueillir son libcraleur spirituel. Les (^ lellres de naturalité » neuchàtcloise que vient de lui procurer laniitié de milord Maréchal', lui olïrent, pour ainsi dire, une patrie de rechange; il en profite sans tarder; et, trois semaines après les avoir reçues, il écrit au premier syndic de (îenève sa lettre d'abdication-. Ce n'est pas, sans doute, la rupture avec la Réforme, mais c'est un premier aflran chissement. Mieux que personne, il sait que « le- droit de cité » est indissolublement lié à d la religion c(ue les lois autorisent^ », et, qu'en renonçant à l'un, s'il ne renonce pas à l'autre, il n'a plus, du moins, d'obligation envers elle.

Pourtant quelques consolations lui venaient, môme des gens d'Église. Le jeune ministre zurichois, Léonard Usleri, adhérait avec enthousiasme <( à la religion catholique, vraiment catholique « que prêchait Jeaa-Jacques; il trouvait, disait-il, dans la Lettre à M. de Beaamont des « explications vraiment édifiantes sur les preuves de l'Évangile, des leçons admirables de tolérance et de charité fraternelle, dignes d'un chrétien'* ». Un autre ministre, le pasteur NYegelin, de Saint-Gall, prenait sa défense contre Vernes dans deux petits dialogues, « d'un style quelquefois entortillé )), mais qui « fourmillaient de traits admirables », et qu'il sentait tout pénétrés de son esprits Ces deux opuscules lui paraissaient même si heureusement inspirés, qu'il leur empruntera quelques formules pour définir la vraie religion*^. L^n ministre de Berne, le pasteur Ruivert, qui

1. Lettre à Mouitou, du 17 mai 1763, XI, 61 : cf. le texte de ces « lettres de naturalité ■■ dans Bertlioud [540], 353-357.

Page 1