‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 101 sur 386 · Id · texte numérisé non relu

Id

3,/d., 2.5; cf. 17-30, tout le chapitre ii : " Y a-t-il un critérium de vf'rité »?

4. Philosophie de la nature [.36.J AJ, I. 271. :>. De la législation [383], 342.

rhomme, puisquil anéantit les remords du crime et l'espoir de la vertu, c'est une grande preuve qu'il n'enseigne point la vérité 1 ».

Pratiquement donc on n'accueillera la vérité comme telle, "que si on la juge avantageuse ou agréable. Aux philosoiihes. qui demanderont si la religion est la vérité, on répondra que leur question renverse l'ordre de la nature, qu'il faut précisément de la religion pour avoir accès près de la vérité, que celui-là seul qui a l'àme religieuse <i i)cut être propre à sa recherche - ». Ils auront beau nous vanter le progrès des lumières, on regardera d'abord le bénéfice social qu'elles apportent avec elles. Volontiers on dira avec Linguet : « il n'est jamais utile d'éclairer les hommes, il est toujours dangereux de les éclairer trop... ; il faut sur la terre beaucoup d'obéissance et très peu de raisonnement ^ ». A la vérité sans épithète, on préférera la vérité, ou môme l'illusion, « consolantes ». Quand le Vicaire Savoyard avait affirmé son espoir d'immortalité, il avait dit : « Puisque cette présomption me console, et n'a rien de déraisonnable, pourquoi craindraisje de m'ylivrer* »?'Les disciples du Vicaire ne retiendront que le premier motif, celui qui « console ». <' Écoutez, mon voisin, dit Bélisaire à Justinien, vous n'avez pas envie d'aflligcr ma vieillesse? Je suis un pauvre homme, qui n'a d'autre consolation que l'avenir que je me fais. Si c'est une illusion, iaissez-la moi : elle me fait du bien, et Dieu n'en est point offensé, car je l'en aime davantage^ ». Ce n'est pas seulement une prière de vieillard affaibli. On retrouve cette doctrine chez des théoriciens du droit, chez des membres de l'académie des inscriptions, chez des ministres. Mably l'expose froidement et sans honte*;

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