De la législation r383], 3G
LKS « PAROISSIKNS DU VICAIRK SAVOYARD ». 135
Barthélcmy. avant d'être lauloui' du Jeune Anacharsis, avait composé un petit Traité de morale: arrivé au problème religieux, il disait son attachement à la foi traditionnelle, et le justifiait par ce dernier argument : Si quelqu'un, disait-il, parvenait à se convaincre de l'imposture chrétienne, <c devrait-il publier cette prétendue découverte? Non, sans doute; et le parti le plus raisonnable serait de simposcr un silence profond sur ces matières.... Je dirais donc volontiers à tout homme : croyez. Si vous avez le malheur de ne pas croire, doutez. Si vous ne pouvez pas douter, condamnez-vous au silence.... Je ne parle ici ni comme théologien ni comme dévot; mais j'en appelle au.v cœurs sensibles, aux cœurs capables de compassion et d'humanité, et je leur demande si ce n'est pas une barbarie atroce que de vouloir persuader aux malheureux qu'ils étaient destinés en naissant à être gratuitement les victimes de la douleur, et que, n'ayant plus aucune ressource du côté de la terre, ils ne doivent pas même en attendre du cieli ». On nous assure que Barthélémy écrivait cette méditation sept ans avant l'apparition de V Emile; et ce n'est pas impossible. Mais, si Jean-Jacques a trouvé de tels lecteurs, nous ne serons pas surpris des conquêtes de son Vicaire; nous ne serons pas surpris que M. Necker ait eu pour lui tous « les cœurs sensibles », quand il adressait cette supplication patliéti((ue aux négateurs de Dieu :
Ah! s'écriait-il, s'ils sont assez mallieureii.x pour fermer les yeux H celle resplendissante lumière, s'ils ont l'àme assez desséchée pour n'être plus accessibles aux vérités consolantes qui découlent d"une si grande idée, s'ils sont .devenus sourds à la voix touchante de la nature, s'ils se fient davantage à leurs faibles raisonnements qu'aux avertissements de leur sentiment intime, qu'ils ne répandent pas, du moins, leur désastreuse doctrine.... Oui! qu'ils fassent grâce à la race humaine!... ou, s'ils ne peuvent s'abstenir de publier leur opinion, qu'un reste