‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 106 sur 386 · Id., m · texte numérisé non relu

Id., m

des mines, des combats et de la mort mémo, de je ne sais quelle existence éternelle; il poursuit, dans tous ses goûts, les attributs de la Divinité, l'infinité, l'étendue de durée, la puissance, la grandeur et la gloire ; il en mêle les désirs ardents à toutes nos passions; il leur donne ainsi une impulsion sublime; et, en subjuguant notre raison, il devient lui-même le plus noble et le plus délicieux instinct de la vie humaine' ». Necker reprendra ces principes comme un refrain. Presque à toutes les pages de son livre, il affirmera celte supériorité du pur sentiment sur la métaphysique de la raison. A force même de revenir sur cette thèse, il lui trouvera une intéressante formule, que Bernardin a dû lui envier : k Peut-être que nos vœux, nos espérances, sont un sixième sens, et un sens à distance, s'il est permis de s'exprimer ainsi, dont un jour nous éprouverons la satisfaction ^ ».

Transposée dans le domaine de la croyance, cette suprématie du sentiment sur la raison implique nécessairement le triomphe de la religion sur la philosophie; et c'est ce que Bernardin de Saint-Pierre n'hésite pas à proclamer : « La religion l'empoi-te de beaucoup sur la philosophie, dit-il, parce qu'elle ne nous soutient point par notre raison, mais par notre résignation. Elle ne nous veut pas debout' mais couchés, non sur le théâtre du monde, mais reposés aux pieds du trône de Dieu; non inquiets de l'avenir, mais confiants et tranquilles. Quand les livres, les honneurs, la fortune et les amis nous abandonnent, elle nous présente, pour appuyer notre tête, non pas le souvenir de nos frivoles et comédiennes vertus, mais celui de notre insuffisance; et, au lieu des maximes orgueilleuses de la philosophie,

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