Études [418], III
2. Importance des opinions religieuses [441], 319; cf. encore 28.3, 316, 347-318, 425-426, 430, etc.
elle ne demande de nous que le repos, la paix et la confiance filiale' w. Il entre, dans une déclaration comme celle-là, une entière soumission de raison, dont Jean-Jacques na peut-être jamais connu la sérénité; mais c'est lui qui Fa préparée par certaines paroles de son Vicaire, quand il exalte « Finstinct divin )> de la conscience, « guide assuré d"un être ignorant et borné )>, quand il « tâche d'anéantir sa raison devant la suprême intelligence, et se dit : qui estu pour mesurer la puissance infinie », quand il adresse à Dieu cette prière « humiliée » : c Être des êtres, je suis parce que tu es;... le plus digne usage de ma raison est de s'anéantir devant toi; c'est mon ravissement d'esprit, c'est le charme de ma faiblesse de me sentir accablé par ta grandeur- )>. Pour les « âmes sensibles », ce sont là les mots décisifs de la Profession de foi; les exigences du « Raisonneur » voltairien ne les ont pas touchées; elles n'ont retenu que ces appels au sentiment, qui les conduisaient vers la religion.
IVous verrons bientôt comment les prêtres et les moralistes chrétiens, gagnés eux-mêmes par cette contagion sentimentale, ont su la mettre au service d"une apologétique nouvelle. Mais déjà, chez les théoriciens du sentiment, qui ne sont qu'à demi chrétiens, ou qui même' se croient encore affranchis de tout dogme, une apologétique s'élabore dont on voit aussitôt quels seront les nouveaux principes : De rulllilé de la religion, écrit Rousseau dans lès derniers jours de sa vie : « titre d'un beau livre à faire, et bien nécessaire! mais ce litre ne peut être dignement rempli ni par un homme d'Église, ni par un auteur de profession. Il faudrait un homme tel qu'il n'en existe plus de nos jours et qu'il n'en renaîtra de longtemps^ ». Autrement dit, il faudrait un nouveau Jean-Jacques. A son défaut pourtant, (c les gens dÉglise » et « les auteurs de