‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 108 sur 386 · e Dialogue, IX, 313, noto · texte numérisé non relu

e Dialogue, IX, 313, noto

profession » soffriront pour rédiger Touvrage, et ils nauronl point de peine à en trouver les éléments chez celui qui se vantait, non sans raison, d'être fauteur d'un livre « où l'utilité de la religion était si bien établie ^ ».

Quand Rousseau réclamait celte nouvelle apologie, il exprimait le vœu de toute une génération. << On ne disputait autrefois, écrit Rivarol en 1788, que de la vérité de la religion; on ne dispute aujourd'hui que de son utililé^ )>. J'emprunte cette réflexion aux Lettres à M. Necker, lettres fort agréables, d'un esprit et d'un style aigus, qu'on n'est pas habitué à rencontrer, au xviii° siècle, dans de pareils sujets. Et précisément ce livre de Necker, aux dépens duquel Rivarol s'égaie ou s'indigne, est le plus représentatif de cette apologétique utilitaire, qui ne vante du christianfsme que ses « bienfaits », ses « douceurs », ses « consolations », mais non ses certitudes, et qui s'attendrit en phrases larmoyantes sur « l'importance des opinions religieuses », sans oser affirmer la vérité de la foi. Avec son style ministériel et ses grands gestes humanitaires, ce livre d'un contrôleur des finances ressemble un peu à un livre do caisse. Dans un temps oîi la mode était aux soustitres édifiants, on aurait pu l'intituler Le chrétien du jour, ou Le parfait comptable. « Vous affectez, lui dit Rivarol, de ne regarder la morale et la religion que comme des hypothèses, afin que l'esprit de calcul nous fasse pencher pour celle qui promet les plus grandes récompenses. Vous ne parlez que de chances, que de vertus qui doivent être acquittées ou escomptées dans une autre vie. Est-ce à vous, monsieur, à nous offrir des effets décriés ^ »? Il est vrai que le livre de Necker est, par endroits, d'une vulgarité déplaisante, si l'on peut toutefois accabler le père sous un mot que la fille a créé 5. Sans doute, il n'est pas

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