Journal de Paris, du 22 septembre
terrain. On montrera tous les services que rendent les gens d'Église. Le misereor super turbam, Tune des paroles les plus touchantes de Jésus, apparaît à beaucoup comme la devise de toute son Église : « Jamais siècle n'a vu la bienfaisance et la charité répandre plus libéralement leurs largesses avec plus de constance et d'attendrissement »; « la bienfaisance est à la mode », mais la charité chrétienne est encore plus bienfaisante que la bienfaisance : « C'est la morale de Jésus, qui, toujours vivante dans une foule de cœurs élancés vers le ciel, rétablit une sorte d'égalité en faisant vivre les pauvres, et en exerçant en leur faveur les actes renaissants d'une charité inépuisable; c'est la morale de Jésus qui soutient le colosse politique, et qui s'oppose à sa corruption totale et à sa dissolution.... Morale de Jésus, présidez au gouvernement d'un empire chrétien 1 ». On ne marchande pas au dévouement des sœurs grises une affectueuse admiration; on a des remerciements pour l'utile besogne des moines hospitaliers 2; mais on n'a pas assez de bénédictions pour les curés : « Même dans des ouvrages de littérature et de simples journaux, le ton de notre siècle, en dépit de son incrédulité, s'élève à une sorte d'enlhousiasnie en faveur de la noble fonction des curés ■* ». Ouvrez le Journal de Paris, vous verrez avec quelle complaisance le journaliste, soucieux de plaire à son public, collectionne les traits édifiants delà bonté pastorale \ « Les curés! s'écrie Baculard d'Arnaud, on ne saurait trop sentir le prix de cette classe d'hommes : ce sont les vrais précepteurs de l'humanité; ce sont eux qui mettent la vertu, la bienfaisance en pratique, qui répandent
1. Gérard, Coinle di- Valmont [382'. II, 85-86; Mercier, Tableau de Paris [405], X, 179-181, 182-186.
2. Loaisel, Dolbreusc [410], II, 84-86; Mercier. Tableau de Paris [405], V, 2fiQ-2G:i; Journal de Paris, des 7 décembre 1781, 7 février 1784 [65], 1371, 171, etc.