Cité par l'abbé Gérard [-382]. III
5. Cf. Éludes de la nature [418], III, 410-411; Dolbreuse [416], 11, 20: Délassements de l'homme sensible [423], Ili, 198-I>)9.
La religion de J. J. Rousseau. — III. 10
Mais il en est, parmi ces continuateurs de la pensée de Jean-Jacques, qui ne s'arrêtent pas à celte utilité extérieure, à cette bienfaisance toute matérielle du christianisme, et qui aiment à proclamer sa bienfaisance plus intime, et même sa nécessité spirituelle. « Pas d'honnête homme sans religion », avait dit Rousseau à la suite de Claville '. « Pas de vertu sans religion », reprend à son tour Bernardin de Saint-Pierre-. A côté de ces formules si nettes, qui sont presque des formules d'intolérance, on en trouverait d'autres, plus purement sentimentales, où Bernardin, Loaisel, Necker et les autres se contentent d'afh'rmer le besoin qu'ils ont de la religion, la concordance entre le christianisme et leurs aspirations secrètes, la séduction de la beauté évangélique sur leurs cœurs. « Ce sont nos besoins qui attestent la Providence », écrit Bernardin; une religion fait voir qu'elle est « divinement inspirée » lorsqu'elle répond aux exigences profondes de l'àme. Ce qui prouve que l'I^vangile est un « livre divin », ce sont « les traits touchants de sensibilité qui y sont renfermés », c'est « la convenance admirable avec nos besoins » dont il témoigne^. La pensée de Dieu nous est nécessaire, non pas tant pour nous soumettre à sa « police sacrée » que pour satisfaire l'instinct de nos cœurs*. « Ces opinions religieuses sensibles, qui, en nous attirant sans cesse vers l'avenir, semblent vouloir sauver de Tinstant présent la partie la plus pure de nous-mêmes, font, sans que nous l'apercevions, l'enchantement du monde moral ; et, s'il était possible que, par de froids raisonnements, on parvint à les détruire, une triste mélancolie s'allierait à