Dolbreuse [416], II
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bicnfaisaiile des monaslères. celte paix indéfinissable et qui finit par vous gagnera En pénétrant dans la chapelle d'Einsicdeln. Raniond abandonne son guide prolestant, dont raltitudc purement « critique » révèle une àme trop « inaccessible à Icnthousiasme »; il se laisse émouvoir par la majesté et l'obscurité du lieu, par les jeux mystérieux des « lampes sépulcrales », et surtout par le spectacle de la foi.
<( Il est impossible, dil-il, d'entrer dans celte chapelle, dont le pavé est jonché de pécheurs prosternés, méditant dans un respectueux silence, et pénétrés du bonheur d'être enfin parvenus à ce terme de leurs désirs, à ce but- de leur voyage, sans éprouver un sentiment de respect et de terreur. En ne considérant même ce pèlerinage que dans le sens philosophique, n'a-t-on pas quelques réflexions satisfaisantes à faire dans un lieu où la faible et souffrante humanité vient chercher des secours contre les maux de l'àme. un lieu que les consciences effrayées regardent comme un port assuré contre les orages qui les tourmentent, où l'infortuné, dévoré de scrupules, trouve contre des remords, peut-être imaginaires et factices, des remèdes sûrs, et par cela même précieux, fussentils imaginaires et factices? Plaignons les faiblesses de l'humanité, et respectons les moindres de ses espérances; n'en arraclions aucune à l'âme crédule et timide; elle mérite plus que toute autre l'indulgence du philosophe et les tendres soins des âmes fortes-.
Un des jeunes amis de Jean-Jacques, le bon Deleyre, qui, d'abord très pieux élève des jésuites, est devenu un des encyclopédistes les plus fervents, celui-là même qui a écrit l'article Fanatisme, trente ans après lavoir écrit, soupire de regret au souvenir des jours ecclésiastiques de sa jeunesse. Plus d'une fois on l'a entendu s'écrier : « Que ne suis-je encore dans ce jardin dune maison de jésuiles, dans