‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 119 sur 386 · Études de la nature [418], I, 310, note · texte numérisé non relu

Études de la nature [418], I, 310, note

que Chateaubriand, quinze ou vingt ans plus tard, utilisera pour ses grandes fresques.

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« Demi chrétiens », ai-Je dit. Quelques-uns pourtant sont des chrétiens sans réticence, comme Mme Necker, ou même des chrétiens catholiques, comme Ducis' et Thomas. Peutêtre, au contact de FJousseau, Thomas a-t il perdu quelque chose de cette foi robuste dont témoignait son premier ouvrage, ses Réflexions sur la « Religion naUirelle » -. Sa confiance dans limniortalité est travaillée parfois de quelques inquiétudes ; mais il reste, malgré tout, fidèle aux» douces et consolantes idées » de la foi, et il le reste en pensant à Jean-Jacques''. Si Ton n'avait pas quelques raisons de croire que leurs protestations chrétiennes n'étaient qu'une diplomatie nécessaire, on pourrait aussi compter, parmi ces fidèles de Rousseau, qui ne veulent plus le suivre, quand il s'attaque à la révélation, les deux orateurs qui se partagèrent en 1787 le prix des jeux floraux : Barrère, comme Chaz, « tire un voile » sur la seconde partie de la Pro/ession de foi, et « rejette sur la malheureuse intempérance du génie » des propos inconsidérés *. Mais il est probable que tous deux ont sacrifié, ce disant, à une décence de protocole.

La plupart de ces philosophes indépendants, qui pensent et sentent dans le sillage de Rousseau, restent, comme lui, très fermement attachés à la religion naturelle : ils semblent lui garder leurs préférences, et ne sympathiser avec le christianisme que dans la mesure où

l.~Sur la foi de Ducis et la mort édifiante de Thomas, cf. les lettres de Duels [140J, tiO, 7H, 84, etc.

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