‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 120 sur 386 · Chaz, Éloge [430], 183-184; Barrère, Éloge · texte numérisé non relu

Chaz, Éloge [430], 183-184; Barrère, Éloge

il se confond avec elle. Prolongeant ainsi l'équivoque chère à Rousseau, ils déclarent qu ils veulent seulement « écarter les ronces qui défigurent le plus auguste des monuments' »; ils acceptent volontiers l'hypothèse d'une « refonte du christianisme, ou, du moins, d'un retour de cette religion à la simplicité - ». « Le christianisme, dit Mercier, dans son origine, fut un retour à la loi naturelle.... Toutes les vérités naturelles y sont établies et développées ^ ». On ne s'étonnera donc point que des fidèles de Jean-Jacques essayent de s'arrêter à ces « vérités naturelles », et à ne pas se laisser engager dans la superstition. Sous une forme plus adoucie et plus générale, Loaisel et Bernardin ont repris, chacun à leur manière, la seconde partie de la Profession de foi. Le paria de la Chaumière indienne cl le prieur des camaldules de Roga font entendre les mêmes protestations que le Vicaire Savoyard contre toute religion qui voudrait étouffer, sous « SCS rites et ses cérémonies », « les préceptes saints que la nature a gravés dans nos cœurs »; ils nous mettent en garde contre « les cultes qui défigurent la religion de la nature, et qui ne sont que d'affreux mensonges^ ». Le discours que Bernardin prête à son paria est peut-être, dans toute la littérature rousseauiste, ce qui nous rend le mieux l'accent et l'émotion du Vicaire :

La conscience rassure mieux que la science... Nos sens nous trompent, et notre raison nous égare encore davantage. La raison diffère presque chez tous les hommes... Avec quel sens donc doit-on chercher la vérité, si celui de l'intelligence n"y peut servir? Je crois que c'est avec un cœur simple. Les sens et l'esprit peuvent se tromper; mais un cœur simple, encore qu'il puisse être trompé, ne trompe jamais... La vérité me serait suspecte, si elle ne venait à moi que par le moyen des hommes; ce nesl poitil parmi eux qu'il faut la chercher :

1. Delisle de Sales, Philusophle de la nature [3(35 A], 11, 130.

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