Profession dj foi
assure que <( la religion remporte de beaucoup sur la philosophie », quand il nous conseille de recourir à la religion là « où nous laisse la philosophie * », c'est bien à la religion catholique qu'il pense: et lui-même aura beau affirmer que k le temple de la nature » suffit « pour croire en Dieu », il ne dédaignera pas d'entrer « au petit point du jour, dans une église encore à demi obscure », entendre une (c première messe » parmi « les pauvres ouvriers qui viennent prier Dieu de bénir leur journée - ». Il ne travaillera, pour sa part, qu"à rendre les églises plus accueillantes, plus hospitalières au peuple -^ Le Dolbreuse de Loaisel fait de même : il exalte la religion naturelle, « cette religion simple et auguste », qu'il s'efforce de distinguer de son « simulacre imposteur * » ; pourtant il épouse Ermance devant « le pasteur du lieu, dans une chapelle antique », toute simple, toute z'ecueillie, mais toute pleine « de la majesté du Dieu qu'ils rendaient le garant de leurs serments »; il tombe à genoux parmi i' la multitude prosternée », quand passe devant lui la procession du viatique; et, dans la petite gentilhommière, où Ermance et Dolbreuse lisent ensemble la Nouvelle Héloïsc et apprennent de Jean-Jacques à « multiplier les jouissances de la tendresse en y joignant l'attrait de la vertu », leur piété régulière édifie la paroisse : « Fidèles à la religion de leurs pères, ils en remplissent tous les devoirs avec exactitude et même avec plaisir, persuadés que, dans les campagnes, lexemple de la religion n'est pas moins utile aux mœurs que celui de la bonté ^ ».
1. Éludes de la nature [418], lil, 8, 1, 638. — il va sans dire que, si j'analvsais l'œuvre seule de Bernardin, je ne mettrais pas sur le même plan les Études et la Chaumière, et je mar(]uerais la progression déiste qui se fait sentir de l'un à l'autre ouvrage; mais, dans une étude d'ensemble, comme celle-ci, je cherche surtout, derrière ces oscillations de sensibilité, l'état d'esprit général qui les explique.