‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 128 sur 386 · Jacquin, Sermon sur le scandale [373], I, 13G · texte numérisé non relu

Jacquin, Sermon sur le scandale [373], I, 13G

Ainsi parlait, vers 1769, M. l'abbé Jacquin, chapelain de la cathédrale d'Amiens, des académies royales de Rouen et de Metz, ethonoraire de lasociété royale d'Arras. M. l'abbé Jacquin parlait une langue modérée, et se plaisait aux portraits anonymes; mais l'abbé Le Roy, curé de Saint- Herbland à Rouen, avait des mots plus vifs : « Voltaire et Rousseau figuraient dans presque tous ses sermons »; il les nommait par leur nom, <^ se ruait sur eux », leur lançait des '< apostrophes », et <les « défis », devant lesquels ils se dérobaient prudemment •. Voltaire et Rousseau! les voilà pour longtemps accouplés dans les apothéoses et les imprécations. Le jugement populaire ne veut pas voir ce qui les met aux prises; et Ihomme qui a dit à Voltaire : «je vous hais », celui qui a dénoncé les « désolantes doctrines » des philosophes, se trouve rejeté par l'opinion catholique dans la « tourbe philosophesque ». Pour Mme de Genlis, la Nouvelle Héloïse est un des plus dangereux spécimens de la production « philosophique »; elle la place entre Zadig et V Histoire des deux Indes : si elle voyait aux mains de ses gens les Confessions on Vlnégalité, (celle serait très effrayée, et ne se croirait nullement en sûreté dans sa maison 2». On semble oublier l'apostrophe du Vicaire à la « triste philosophie » d'Helvctius, et Caraccioli range côte à côte VÉn^ile et ÏEsprlt parmi « ces ouvrages que tout bon Français — il veut dire aussi tout bon chrélien — ne peut nommer qu'en frémissant ' ».

A Genève, les gens d'Église ne se montraient pas plus tendres. Môme après le départ de Jean-Jacques pour l'Angleterre, le scandale des Lettres de la montagne ne s'apaisa pas : si les « petits vipéraux » du Mercure ont cessé de sifder contre l'hérétique, s'ils sont mèine devenus très courtois pour le grand écrivain '-, Vernet ne dissimule plus

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