Confidence philosophique [379], p. vir, 10-19 sqq
La religion de J. J. Rousseau. ^ III. 11
toute mesure. « M. le pasteur ^'ernes dépouillait son ami d'un clu-istiaaisme qui faisait toute sa consolation - ».
Ce petit livre, qui fut bien accueilli à Paris comme à Genève 2, pourrait nous laisser croire que toutes les confessions chrétiennes, réconciliées dans le sentiment du péril commun, avaient définitivement banni de la cité de Dieu fauteur du Vicaire Savoyard. Mais les rancunes de Vernes avaient troublé cet esprit naturellement fin. S'il avait été sincère ou clairvoyant, il aurait reconnu que, dans sa Confidence philosophique, le vrai disciple du Vicaire, ce n'était pas son libertin, mais lui-même. La religion qu'il nous présente, ce christianisme conciliateur, qui doit réaliser sur ses dogmes l'unanimité de toutes les Ames droites, c'est, à bien peu près, le christianisme de Rousseau.
Ramenez les clirétiens, nous dil-il, à ces articles simples, lumineux et importants, qui font lessence de la religion de leur mailre ; « Il y. a un seul Dieu, créateur et conservateur de toutes choses. Il veille sur cet univers; il est le témoin des actions les plus secrètes; il aime la vertu, il déteste le vice. Il a envoyé Jésus, en le munissant de son sceau, pour enseigner aux hommes leurs devoirs, et leur annoncer une économie de grâce. Il l'a établi pour les juger un jour, et les récompenser ou les punir, suivant le bien ou le mal qu'ils auront fait sur la terre ». Rien là qui ne soit clair, net, et à la portée d'un Cafre ou d'un Iroquois!
... J'ai souvent désiré que toutes les puissances de TEurope s'accordassent pour réduire la foi à l'Évangile aux articles que je viens de citer; — qu'elles statuassent, qu'il suffit d"y souscrire pour être censé membre de l'Eglise clirétienne; — qu'elles défendissent d'attaquer ces points fondamentaux, dont la