Sermons [398], L 88, 209-210, 242, H, 148-149, etc
8 II y en a cinq, dans ses Sermons [397], sur ce même sujet.
ne craint point de citer l'auteur AHinile et. tle Vliiégalité comme une autorité imposante ' : il prêche sur « l'insuffisance de la religion naturelle », mais c'est surtout pour faire admirer dans l'Évangile « le fidèle dépôt de toutes les lois de la nature- ». Assurément, de toutes ces conceptions et de tous ces principes, Rousseau n'est pas strictement le seul responsable : il ne faut pas oublier ici la complicité de plusieurs générations ecclésiastiques, dont D'Alembert avait mis à nu un peu brutalement les secrètes pensées. Mais cette complicité môme favorise le succès de Rousseau. Pour définir certains états d'esprit à demi conscients, il a trouvé des formules décisives, qui non seulement s'imposent par leur vivacité ou leur charme, mais qui développent ce qui était encore enveloppé, et qui accélèrent les évolutions spirituelles.
Un des témoins les plus sincères de celte influence, d'autant moins récusable qu'il est plus croyant, et qu'il est moins gêné par sa fonction, c'est l'excellent André Deluc, le fils de Jacques-François, de celui qui aura été, à Genève même, le plus tenace défenseur de Rousseau ^. C'est un géologue considérable, et ses Lettres physiques et morales sur V histoire de la terre et de l'homme, adressées à la reine de la Grande-Bretagne, seront un livre européen. Mais il n'est pas un de ces « savants incrédules » que son père a vigoureusement tancés *. Les lecteurs doctes trouveront de la science dans son copieux répertoire; les âmes sensibles y trouveront davantage à s'édifier. Cet homme pieux, qui croit fermement à la révélation, mieux encore, qui la démontre par « 1 histoire de la terre ^ », ne semble nullement gêné dans sa foi par son rousseauisme candide. Ce n'est pas en vain qu'il a passé huit jours sur le lac de Genève, dans la