‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 134 sur 386 · Sermons · texte numérisé non relu

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2. Seniion sur V insuffisance de la n-lig ion naturelle [397], 143. :i. Cf. É. Rod, L'affaire J. J. Rousseau [590], 45 et suiv.

4. Sur le livre de Deluc père, paru en 17(j2, Observations sur les savants incrédules, cf. mon édition de la Profession [47], 537, 571. g. Lettres [393], I, 2" fa.^cicule de la V partie, 49-51.

même barque que Jean-Jacques, etqu" « il a eu le bonheur de jouir avec lui " de ce délicieux apaisement quon trouve sur les sommets '. L'âme légère et purifiée, « content d'être et de penser » près de celui qui.a proclamé la bonté de la nature, i-1 sent, lui aussi, que « Dieu a fait riiomme bon ». Il le « sent »; il n'a pas besoin qu'on le lui prouve; il sait que, sur tous « les mystères » qui nous environnent, il faut toujours revenir au « sentiment intime », juge souverain des « axiomes », aussi bien en psychologie qu>n géométrie. <i Lorsqu'on dit à l'homme : consulte ton cœur, on lui a prêché toute la morale; ce que son cœur ne lui dira pas, on ne le lui prouvera point 2 ». Ce savant, qui doit son lustre à la science, se garde bien d'en surfaire la valeur : les sciences de la nature, dit-il, sont impuissantes à expliquer ^^ la vie » de la nature. « Étudier et sentir la nature sont deux choses qu'il ne faut point confondre. Dans l'une, nous serons toujours novices, dans l'autre, nous avons tout ce qu'il nous faut ^ ». Aussi, « dans les choses qui tiennent au bonheur de l'humanité, il ne faut pas trop accorder à ce qu'on nomme la science.... Quand on considère le mal terrible qu'a produit dans le monde l'abandon des principes religieux, si naturels aux hommes simples, on est tenté de croire, avec Rousseau, que les sciences, dont l'abus a produit cet effet, ont été jusqu'ici plus fatales qu'utiles à l'humanité ^ ».. l'epuis que la science se vante de travailler à la félicité du genre humain, elle » n'a jamais cessé de déblayer, sans trouver jamais que du tuf ». Il n'y a ([u'un « seul système qui puisse convenir au bien-être humain, même dès cette vie : celui qui a pour base un Dieu créateur, conservateur, et rémunérateur ». « Point de morale solide sans religion ». point

1. CoH/fS.s/o/is, VI II. 280; Lettres physiques et morales [303], 1, i" fascicule de Ib l" partie, 103, 158-163. IV, 68. etc.

2. Jd., I, l- fascicule de la 1" partie, 200-202; 2' fascicule delà I" ]),irtie. 20. 209-211, et 2" partie du t. 1. p. cgl.xxiv.

:!. Id., t. il, 385; 2' fascicule de la i" partie, 108 i. Id.. I, p. xvui et 2' fascicule de la 1'^'= partie, 50.

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de bonheur sans morale '. Allons donc à la religion dispensatrice de bonheur, à la religion des simples et des bons, et même, s'il le faut, à la religion des papistes. Deluc entre dans les couvents d'Allemagne, dans ces asiles du « bonheur tranquille >-, dans ces « honnêtes hôpitaux » où s'apaisent les âmes inquiètes, avec la sympathie de Jean-Jacques chez les ermites du Mont ^"alérien -.

Deluc réconcilie formellement et ingénument dans sa pensée la foi traditionnelle et les principes rousseauistes. Au moment où il publiera son grand ouvrage, c'est-à-dire en 1780, cette réconciliation ouverte est encore i-are à Genève; mais déjà elle s'est faite tacitement dans les profondeurs de la conscience genevoise; et, malgré une première irritation, la leçon des Letlres de la montagne n'a pas été perdue. Quand Stendhal montera à Saint-Pierre en 1804, il entendra le prédicateur citer la phrase du Vicaire : « la vie et la mort de Jésus sont d'un Dieu^ ». Sans oser l'avouer, Genève commence à se parer de son « cinquième ôvangéliste * ».

1. Lettres [393], 11, 13.5: V. 101; 1. 2« fascicule de la l'= partie, 28.

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