‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 138 sur 386 · Comte de Valmont [382]. III · texte numérisé non relu

Comte de Valmont [382]. III

LES DISCIPLES Ii\ VOLONTAIRES. 175

P.ousseau mérite encore à tout })rendre moins de reproches ({ue Voltaire ' ». Les philosophes triomphent et s'indignent de ses trop sincères <^ confessions ». « Eh! que serait-ce (jue leur conlession, s'ils la faisaient comme Jean-Jacques, et avec autant de sincérité!. . 0, philosophes, ne triomphez pas.... Rousseau, tel qu'il s'est peint, valait bien encore les plus sages d'entre vous ». Et, sans doute, il reste « un des ))lus redoutables adversaires de cette religion sainte qui est si propre à faire le bonheur des hommes », mais il apporte avec lui son contrepoison : « pour ceux qui conservent un l)eu de justesse dans l'esprit et de droiture dans le cœur, rien ne répond mieux à tout ce qu'il a pu dire.contre la révélation que ses Confessions, ses Rêveries, ses Dialogues et toute la collection de ses œuvres- ». L'abbé Gérard le prouvera en cinq gros volumes, qui seront bourrés de citations de Jean-Jacques et de citations apologétiques. L'auteur de la Profession de foi sera pour lui le plus précieux de ces « apologistes involontaires », qu'on fera si volontiers témoigner contre eux-mêmes dans les chaires catholiques au début du xrx'^ siècle ^ ; et le Comte de Valmont, qui est surtout un recueil de textes édifiants, ressemble déjà par endroits à cette compilation tendancieuse, mais non sans habileté, que l'abbé Martin du Theil publiera quelque cinquante ans plus tard, sous le titre de J. J. Rousseau apologiste de la religion chrétiennne *. Je me demanderais même si, dans son for intérieur, l'abbé Gérard n'aurait pas senti, plus fortement qu'il ose le reconnaître, la réalité du christianisme de Jean-Jacques : « C'est un grand et dangereux abus, dit-il, que de crier trop aisément à l'incrédulité, et de vouloir compter malgré eux, parmi les

\.Comle de Valmont, 1, 440, III, 468-470 : cf. encore I, 7i), 111, 527, elc.

2. /(/., I, 41)0-499. — Même sympalliie, et même eiïort de compréhension, chez l'aljbé Baudisson [428""], 242, .340.

.3. Cf. le livre que l'abbé Mérault a publié en 1800, précisément sous ce titre : Les apologistes involontaires [524], mais qui ne remplit pas toutes les promesses de son texte.

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