‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 139 sur 386 · En · texte numérisé non relu

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1 76 ROUSSEAU ET LA RESTAURATIOiN RELIGIEUSE.

ennemis de la religion, des hommes d'un certain nom, qui, jusque dans leurs vains systèmes, l'ont chérie ou du moins l'ont respectée ' o. En posant ce principe de charité religieuse, l'auteur du Comte de Valinont aurait-il pensé à Jean-Jacques? la chose reste incertaine; mais, de ce principe Jean-Jacques sera le premier à bénéficier. Au lieu de redouter en lui un pur impie, beaucoup de prêtres seront peut-être tentés de le regarder seulement comme un chrétien incomplet.

L'abbé Gérard est un homme prudent, d'une doctrine sûre, et qui veut garder intacte la tradition dogmatique- D'autres prêtres seront plus faciles à atteindre, et céderont sans résistance à la dialectique du Vicaire Savoyard. Du moins, sommes-nous en droit de le supposer : Pour un moine audacieux, tel que dom Louis, qui se rallie ouvertement au « vertueux Jean-Jacques », comme au « seul qui ait parlé de la religion avec dignité- », combien se laissent charmer par lui, adhèrent secrètement à ses principes, mais ne jugent pas oppoi'tun de le publier! Voici, par exemple, l'abbé Maydieu, chanoine de Troyes. En 1770, quand il était précepteur du jeune duc de Villequier, il a écrit plusieurs Ictli'es à Rousseau, pour le consulter sur l'éducation de son élève. Nous n'avons plus ces lettres; mais, par les réponses qu'elles lui ont values ^, nous voyons en quelle estime Rousseau tenait ce prêtre, qui n'était point, disait-il, un jeune homme ayant « besoin de conseil », mais « un sage très cai)able d'en donner >. C'était, à tout le moins, un admirateur fervent de VÉinile, désireux d'eli appliquer intégralement la méthode, et d'être luimême « un Jean-Jacques ». Pourtant les romans vertueux et pieux, qu'il écrivit (pielque dix ans plus tard, ne cou-

1. Comte de Valmonl [382], M, 11)8, lexte repris par l'abbé Haudisson [428""]. 423.

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