‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 142 sur 386 · Confidences, XII, édit. cit., p. 353-.3o · texte numérisé non relu

Confidences, XII, édit. cit., p. 353-.3o

Ce que pensaient tout bas quelques-uns de ces « vicaires savoyards », dans leur cloître ou dans leur presbytère, nous pouvons l'imaginer d"après la << profession de foi » très violente de l'un deux, beaucoup plus violente, il est vrai, que celle de « Thonnète ecclésiastique » de VÉmile, mais qui reste très étroitement sous la dépendance de Jean-Jacques. Pour le sentir, il suffit de comparer l'opuscule auquel je songe. Le ciel ouvert à tout l'univers, de dom Louis, qui fut composé et parut en 1782, avec un autre factum Ihéologique, qui porte presque le même titre, et qui, publié seulement en 1768, lui est pourtant antérieur d'environ soixante-dix ans : c'est Le ciel ouvert à tous les hommes. de Pierre Cuppé'. Ce Pierre Cuppé, lui aussi, était un curé, qui avait confiance dans le « père des miséricordes », et avait adopté de toute son âme la solution origéniste. Mais son livre, qu'il appelle lui-même un « traité théologique », n'a de rationaliste que la thèse. Écrit par un théologien en style ecclésiastique, il pose comme un principe « que nous portons en nous-mêmes une nature corrompue ^ ». A ce traité pieux et terne, si Ion oppose le manifeste de dom Louis, on verra que Rousseau a passé par là : (c Je connais tout le prix de la vie, disait dom Louis, mais j'ai assez vécu, si J'ai fait tomber le masque de l'hypocrisie. Toutes lésâmes bien nées, tous les cœurs sensibles, tous les hommes éclairés, se réuniront à moi pour consolider le trône de futile vérité ^ ». Ces derniers mots sont déjà d'un disciple de Jean -Jacques; mais la thèse môme, qui veut d'abord être « consolante », est bien, elle aussi, toute pénétrée de son esprit. Ce nouveau « vicaire savoyard » s'attendrit devant la nature, que Dieu fit si belle : « 0 nature, ô religion, ô vertu, que tes traits sont charmants'' »î C'est bien la Irinité de Jean-Jacques.

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