‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 147 sur 386 · Comte de Valmont [382], I · texte numérisé non relu

Comte de Valmont [382], I

188 ROcSSEAU ET LA RESTAUKATION RELIGIEUSE.

et pendant longtemps, il n'est guère, je crois, dans les sermons ou chez les apologistes, d'exposés de philosophie chrétienne, d"où les souvenirs du Vicaire soient absents. Quand Tabbé Gérard proteste contre les philosophies qui << ôtent à rhomme toute sa grandeur et le rabaissent jusqu'à la condition des brutes ' »; quand l'abbé Barruel « crie au matérialiste : cesse do t'avilir, cesse de te flétrir, en espérant te trouver tout entier dans cet assemblage muet (le parties, d'atomes, de corpuscules, et de boue et de l'ange - », — ce sont des imprécations qui sont étroitement apparentées à celle du Vicaire contre la <c triste philosophie» d'Helvetius. L'affirmation si énergique de Rousseau a confirmé les esprits dans cette certitude que « tout est fait pour l'homme ».

11 règne en souverain sur la nature entière, Tout fut créé pour lui, tout est de son domaine 3.

A ceux qui prêchent l'universalité de la loi morale, la démonstration de Rousseau s'imposera instinctivement. Le bon roi Stanislas, lui-même, oubliera que l'auteur du /'^'' Discours l'a réfuté; et, dans la nouvelle édition de sa Réponse d'Ariste aux Conseils de l'amilié, ce « philosophe chrétien » adoptera la philosophie du Vicaire Savoyard K Les prédicateurs feront résonner dans leurs auditoires cette « sainte voix de la nature ». qui a su se faire entendre dans toutes les nations, même les plus corrompues, dans toutes les religions, même les plus corruptrices, et qui, dans la conscience, nous » parle un langage à la portée de tous ■' ».

Page 1