‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 148 sur 386 · Helviennes [402], II · texte numérisé non relu

Helviennes [402], II

■i. Dourneau, Immortalité de rame ['109]. G.

4. Cf. Œuvres, édit. de 1763 [107J, IV, 183-185. Comparer avec la première éditioiî de la Réponse d'Ariste aux « Conseils de l'amitié » imprimés à Lyon en 17'i7, s. 1., 1750, in-i2, p. 22-24. Pour le Philosophe chrétien, cf. Œuvres, IIl, 339-400.

5. Cf. le P. Lenfant. Sermon sur la conscience [468], IV, 208-213; Barruel, Helviennes [402], IV, 60-62; Gérard, Comte de Valmont [382], V, 119, etc.

LES DISCIPLES INVOLOiNTAinES. 189

0 cunscience, — séeric l'abbé Boulogne, dans un morceau lyrique qui veut rivaliser avec la célèbre invocation du Vicaire, mais qui d'abord s'en inspire, — ô conscience, ô vérité, ô sentiincnl, ù lumière inl':-o:;re et rayon immortel de la lumière incréée! magnifique soleil de l'àme! non, ce n"est jamais toi qui nous manque, c'est nous qui te manquons: ce n'est pas la lumière qui s'éteint, ce sont n(»s yeux qui sont malades; ce n'est pas ta voix, c'est notre volonté qui est faible, ce ne sont pas tes oracles qui sont obscurs, mais nos passions qui sont trompeuses.... Eh! comment te montrerais-tu, quand ce n'est pas toi que l'on cherche? Comment répondrais-tu, quand ce n'est pas toi qu'on interroge? Ah, dans un pareil état, malheur à qui l'entend, et malheur encore à qui ne l'entend pas '.

Comme Rousseau, et à sa suite, les prédicateurs font îippel à Dieu pour garantir la conscience; ils montrent que, si cette voix est impérieuse, c'est qu'elle nous apporte un commandement d'en-IIaut; comme Rousseau, et à sa suite, ils rejettent la morale de « l'ordre », si cet ordre n'a pas trouvé en Dieu son centre; et l'abbé de Cambacérès fait à peine quelques retouches aux phrases du Vicaire, lorscju'il s'écrie dans son Sermon sur les incrédules :

On a beau définir la vertu l'amour de l'ordre, le sacrifice du bien particulier au bien général, que la raison seule doit nous faire embrasser. 0 vous, qui définissez si bien la vertu, donnez-moi donc un motif pour me la faire embrasser malgré moi, contre mes propres inténHs et la révolte de mes passions. Vous ne le pouvez pas, les lois humaines ne le peuvent pas; et, s'il n'y a ni Dieu, ni religion, ni vie future, si ce monde est notre seul bien, ne semble-t-il pas que le méchant n'est plus contre l'ordre; qu'en rapportant tout à ses intérêts propres le méchant a raison, et que l'honnête homme est l'insensé qui ne raisonne pas -?

Toute cette doctrine morale, Rousseau la condensée dans cet aphorisme de son Vicaire : « sans la loi, nulle véritable

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