Sermon sur la vérité (1783) [93], IV
2. Serinons [iO-a"'"], I, '203: cf. Profession de foi [47], 279-
190 ROUSSEAU ET LA KESÏAURATION RELIGIELSE.
vertu n'existe », et dans la décision plus tranclianle encore de la Lettre à D'Aleinberl : «je n'entends point qu'on puisse être vertueux sans religion; j'ens longtemps cette opinion trompeuse, dont je suis très désabusé * ■>•>. Aveu précieux à retenir pour un moraliste chrétien. L'abbé Gérard le répète avec insistance et satisfaction -. C"est encore à Rousseau que songe l'abbé de Beauvais, lorsqu'il parle de ces hommes qui « osent contester à Jésus-Christ sa divinité », mais qui « reconnaissent l'immortalité de lame, et ne peuvent s'empêcher d'anathématiser eux-mêmes l'affreuse erreui- du matérialisme »; et, de fait, son sermon sur l'immortalité de l'àme montre bien qu'il a lu la Profession de foi 3. Le dernier chapitre du Contrat social a pu scandaliser bien des prêtres par son ton si vivement antiromain, mais il contient, pour la polémique quotidienne, des arguments et des principes utiles. Que les incrédules ne protestent pas trop haut contre l'intolérance du gouvernement royal : c'est M. Rousseau lui-môme qui reconnaît que les athées sont « insociables » et doivent être « punis de mort » : « si quelque catholique avait avancé ces paroles, on crierait-au fanatisme '- ». — L'accord est encore plus facile sur la morale. Pour proscrire le duel ou le suicide, pour faire sentir le danger des spectacles, pour prêcher aux mères leurs devoirs et aux jeunes gens la chasteté, la Lettre à DWlembert, la Nouvelle Héloïse, VÉmile fourniront des citations et des preuves °. Bref, d'un mouvement ins-