Le chrétien par le sentiment [334], II
6. Les droits de la religion [333], I. 8-9. Je suppose que l'abbé Bellet fait allusion à cette Pensée de Pascal, § 187 [162], II, 98-99 : « Les hommes ont du mépris pour la religion... Pour guérir cela, il faut... la rendre aimable, faire souhaiter aux bons qu'elle fût vraie, et puis montrer ((u'elle est vraie ».
nent pas, ou ne veulent pas coniprendi'e, que, pour Pascal, rhistoire de la religion reste une preuve inexpugnable, et que là même où il semble tout remettre au jugement du cœur, c'est sa forte foi qui ly autorise. « Ceux que nous voyons chrétiens, dit-il, sans la connaissance des prophéties et des preuves, ne laissent pas d'en juger aussi bien que ceux qui ont cette connaissance; ils en jugent par le cœur, comme les autres en jugent paS l'esprit ». Et nous pourrions croire, à lire ces formules, que « la preuve du cœur » lui paraît valoir par elle-même; mais il ajoute, ce que les théologiens sentimentaux du xviiF siècle se garderont bien d'affirmer : « C'est Dieu lui-même qui les incline à croire; et ainsi, ils sont très efficacement persuadés...; car Dieu, ayant dit dans ses prophéties, qui sont indubitablement prophéties, que, dans le règne de Jésus-Christ, il répandrait son esprit sur les nations, et que les fils, les filles, les enfants de l'Église prophétiseraient, il est sans doute que lesprit de Dieu est sur ceux-là, et qu'il n'est point sur les autres ^ ». L'abbé Ballet n'a pas besoin de toute cette mystique; il dit grossement : « Le cœur est le grand objet de la religion,... Il suffit de rendre la religion aimable pour faire souhaiter qu'elle soit vraie. De ce souhait bien réel à la conviction, il n'y a qu'un pas à faire, et ce pas, un cœur sain et un esprit droit le feront infailliblement. Or quoi de plus facile que de prouver que la religion chrétienne a un droit incontestable, non seulement à notre estime, mais à notre amour ! Elle seule ennoblit Ihomnie, le console ici-bas, lui promet un bonheur solide- », etc. C'est donc Vutile qui devient la règle de la vérité'; et nous retrouvons ici, défendue par les prêtres, comme elle l'était par les philosophes sensibles, la thèse