Comte de Valmont [382], II
que sévanouir à rarrière plan. Quand Julie satiriste sur latliéisme de W'olmar, elle songe surtout à toutes « les douceurs dont il est privé ». « Je voudrais, au prix de mon sang, dit-elle, le voir une fois convaincu; si ce n'est pour son bonheur dans l'autre monde, c'est pour son bonheur dans celui-ci * ». L'abbé de Gourcy cite ce texte, et plusieurs autres de Jean-Jacques, pour prouver « les ressources de la religion, qui s'étend à tout,... console de tous les maux, tient lieu de tout où tout manque ». « J'ose proposer la religion à mes semblables, dit-il, comme la seule base solide du bonheur et le supplément nécessaire de toutes les ressources humaines ^ ». Tandis que « l'irréligion empoisonne toutes les sources du bonheur », la religion nous assure « ce solide contentement du cœur que le monde nous promet en vain »; elle nous prodigue dans le malheur « les images consolantes » et les raisons d'espérer : à l'âme désemparée, « affaissée sous le poids de ses maux, elle fait luire un rayon despérance à travers ces épaisses vapeurs; au fond d'un cœur où règne la religion, un Dieu consolateur fait entendre sa voix; le cœur s'épanouit, les douces larmes coulent des yeux ■' ».
A l'Ame heureuse, que le souci de son bonheur ne préoccupe point, la religion présente, pour se justifier, le tableau de ses bienfaits. Rousseau avait demandé au lecteur d'Emile, qu'avant de prendre parti entre la « philosophie » et la « religion », il comparât leur bienfaisance sociale. Les apologistes le suivront volontiers dans cette comparaison, et s'autoriseront des témoignages qu'il a rendus au christianisme, pour achever la déroute de la (c philosophie ». L'abbé de Boismont — dans un sermon fameux, qui fit quelque scandale, parce qu'on le trouva