‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 17 sur 386 · SIGNIFICATION HISTORIQUE DE LA <' PROFESSION DE FOI · texte numérisé non relu

SIGNIFICATION HISTORIQUE DE LA <' PROFESSION DE FOI

Dieu », mais qu'il n'appellera pas non plus, comme l'auteur de VÉpilre à Uranie',» le fils dun charpentier », et qu'il appellera « le fils de Marie », par un scrupule de délicatesse chrétienne-, — ce Jésus ne fut ni un « enthousiaste » exalté, ni « un ambitieux sectaire » : il eut, en leur perfection, les (c mœurs », les « grâces touchantes », la « sagesse », la <> vertu », l' « empire sur ses passions »; il fut (( le juste » par excellence. Non, il n'est pas seulement de la race des Socrate, des Aristide, des Confucius, et des « gymnosophistes indiens » : il les dépasse tous, comme « la plus haute sagesse » peut dépasser notre sagesse quotidienne. Pour le rabaisser au rang de Socrate, il faut être « aveugle » ou « de mauvaise foi ». Sans sa mort facile, Socrate n'eût été qu'un (( sophiste » : (c la vie et la mort de Jésus sont d'un Dieu ». De l'histoire, n'en parlons pas : « Ce n'est pas ainsi qu'on invente )> : ne croyons plus à l'histoire, si nous ne croyons pas à celle de Jésus-Christ; nulle autre n'est mieux attestée; mais, encore une fois, ce problème échappe à l'histoire : si l'Évangile était inventé, « l'inventeur en serait encore plus étonnant que le héros •' ». On le voit : c'est exactement le contrepied des affirmations de D'Holbach, du pseudo-Saint-Évremond, du « Militaire philosophe », de tous ceux qui, comme Chénier plus tard, n'accepteront pas de soustraire aux méthodes de l'érudition, et presque de la philologie, ce qu'ils regardent d'abord comme un problème de critique historique, et qui, d'ailleurs, si l'histoire évangélique se présentait à eux avec les mêmes garanties que l'histoire de Socrate, aimeraient mieux encore « admirer l'adresse et l'érudition des faussaires qui l'auraient écrite que d'ajouter foi aux faits dont elle est remplie '" ». Pour Jean-Jacques, il ne cherche pas d'où

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