‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 18 sur 386 · Chénier, Socrate et Jésus-Christ · texte numérisé non relu

Chénier, Socrate et Jésus-Christ

vient ce livre, ni si ce livre dit vrai : nous savons assez qu" « il ne lui importait pas beaucoup qu'un fait lût vrai, pourvu quon en pût tirer une instruction utile,' ». Il se contente de rester l'ace à face avec le «héros » de l'Évangile, où et à quelque époque que ce Jésus ait vécu ; il se laisse charnier, sans l'atténuer de réserves critiques, par tout ce qu'il y a de ^< tendre », de « caressant », de « simple ». de (c doux », d' « élégant » même, dans cette ,<iivine figure. « Quand Jésus, dit-il, n'eût pas été le plus sage des mortels, il en eût été le plus aimable » ; et c'est à cette séduction qu'il s'abandonne -.

Mais cette séduction individuelle sur les àiues n'épuise pas la bienfaisance du christianisme : il reste encore une grande force de régénération sociale. Ouoi qu'en disent Bayle, D'Holbach, Boulanger, le u Militaire philosophe ». et autres ennemis de Vlnfdme, le christianisme oppose à la diffusion du mal dans la société une barrière effective et efficace; il adoucit les mœurs, il prêche la soumission à l'autorité, il consolide les gouvernements; partout où il devient le maître des âmes, il suscite -< les œuvres de miséricorde ». il fait de « l'humanité » non plus un mot, mais une réalité: il est le grand ferment de vertu dans le monde : « sans la foi, nulle véritable vei'tu n'existe ' ». Ce sont là des maximes « fanatiques » : le mot n'effarouche l)as Jean-Jacques; et il ose terminer sa Profession de foi sm' une définition du <( fanatisme », dont il chante la beauté et les Hères énergies, en artiste, presque en croyante C'est la réplique au fameux article de l'Encyclopédie, où le bon Deleyrc avait déi)enst'' toutes ses réserves d'indignation trépidante poiu' llétrir la « zélotypie infernale » (le ces M liiMali(nics » (jui i)rétendent tenir le gein-e liumaiu s«mis <• 1<mus lers ' .. Mais le « fanatisme » de Jean-

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