‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 170 sur 386 · SiTiiion du 13 mars I7s2 [lOG · texte numérisé non relu

SiTiiion du 13 mars I7s2 [lOG

2. Discours à la l'été des bonnes <iens [385], Avertisscritent (non pagine) et p. 10-12.

mon curé de Briquebef, — jo ne me contenterais pas de prêcher la bienfaisance aux enfants, en leur faisant leur c^iléchisme. Je ferais plus : après Tinstruction. je leur mettrais chacun un panier à la main ; nous nous en irions tous ensemble on chantant un cantique sur la bienfaisance; peut-être y joindrais-jc une vielle qui répéterait Tair,... et je chargerais mes petits ouvriers de distribuer aux pauvres tout le pain que j'aurais à donner. (]elui qui m'aurait le mieux contenté, celuilà, je le chargerais de porter le bouillon à quelque malade. Celui que je voudrais punir n'aurait point de panier '.

il en est nicnic de ces prêtres de Paris, abbés de salon et habitués du Palais-Royal, qui ne se contentent pas de caresser dans un sermon ou dans un joli morceau de littérature ce rêve du curé campagnard ; ils le réalisent, et le bonheur, qu'en cs})éraient leurs âmes sensibles, ne les trompe point.

Vous aile/ être bien surpris, éci'it à un ami l'un de ces curés impromptus : je me regarde comme le plus heureux des hommes, je le suis en effet...; je suis le père de mes paroissiens, ils viennent verser leurs larmes dans mon cœur; je les

console, je leur ouvre mes bras, j'adoucis leurs peines

Coujme leur reronnais.sance est vraie! comme elle est touchante! comme elle inonde mon âme de ces délices que j'ignorais, sans doute, quand je me trouvais à Paris dans vos cercles brillants, entourés de vos beaux esprits, de vos jolies femmes, etc.! C'est là ce qui change ma bière grossière en doux nectar, mon morceau de salé bien dur en ambroisie.... Lorsque je me compare à M. l'abbé, courant les spectacles, ne bougeant du Palais-Royal, que je m'applaudis de la métamorphose! Oui, j'ai connu le vrai plaisir, la vraie félicité, et je me flatte que cette béatitude, dont vos gens de la capitale n'ont pas seulement l'idée, m'accompagnera jusqu'au tombeau-.

On le voit : tous ces curés, qui peuvent être charitables par instinct ou par conscience du devoir sacerdotal, commencent à comi)rcn(lrc (ju'ils sont les représentants d'une

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