Délices de la religion
2. Délices de la religion [439], p. xxxvm-xxxix. Comparer avec les indications très sommaires de Garaccioli sur le même sujet : Le langage de la religion [327], 69-70; et, dans un livre contemporain de celui de Lamourette, La loi de nature, de l'abbé Pey, II, 6, [441'"'], 345-349, un développement analogue, mais d'un point de vue strictement chrétien.
■2-20 ROUSSEAU ET LA HESTArRATION HELir.lEUSE.
Il est grand dommage que ces rénexions soient écrites dans une langue impropre et molle, qui fait plutôt penser à Mme de Staël qu"à Chateaubriand : elles n'en sont pas moins très intéressantes à leur date. Aucune réminiscence directe de Rousseau ne peut, je crois, y être signalée; mais qui ne voit que c'est seulement à des lecteurs de la Profession et de VHàloïse qu'on peut tenir un tel langage, à des lecteurs incroyants peut-être, mais que Jean-Jacques a guéris du rire voltairien?
C'est encore lui dont on i-etrouve l'inlluence dans toutes ces méditations sur la nature, où les prêtres de la jeune génération font servir la pensée de Dieu à multiplier et à rafliner leurs plaisirs. « Tout devient sentiment dans un cœur sensible, avait dit Rousseau. Julie ne trouve dans lunivcrs entier que des sujets d'attendrissement.... Hélas 1 le spectacle de la nature, si vivant, si animé pour nous, est mort aux yeux de l'infortuné Wolmar; et, dans cette grande harmonie des êtres, où tout parle de Dieu d'une voix si douce, il n'aperçoit qu'un silence éternel ' ^k Lamourette développe ses idées, en les christianisant peutêtre davantage; mais son petit sermon aurait beaucoup plu à Julie : « La nature, dit-il, n'est nulle part véritablement belle et propre à pénétrer nos cœurs d'un sentiment profond et pur que pour le spectateur qui la contemple dans la lumière de la religion... Le plaisir attaché à la vue des fertiles campagnes, des riches moissons, des riantes prairies, des coteaux d'où déroulent les ruisseaux de vin, n'est autre chose que la certitude d'une ressource toujours renaissante par le soutien de ce qui respire. C'est l'idée dune force qui vient s'unir à nous, et qui semble nous répondre de notre stabilité... Ce sont là comme des gages magniliques qui nous rassurent- ».
Ainsi, pour ces nouveaux apologistes, c'est la religion seule qui donne sa poésie à la nature: niais, à dire plus.