‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 179 sur 386 · onsidcrations sur la Révolution ;l2'i\ XIII · texte numérisé non relu

onsidcrations sur la Révolution ;l2'i\ XIII

LES nor.THINES RELIGIEUSES DE LA REVOLUTION. 227 la tlit-se : De J. J. Rousseau, considéré comme l\in des premiers auteurs de In Hévohdion. ' ; et, au lendemain du 18 brumaire, dans son Louis XVI détrôné avant d'être roi, TalDljé Proyart, lui aussi, mais avec des sentiments tout autres, dénonçait, au premier rang des «. détrôneurs ». le « sophiste dé (lenève », qui, parmi u tant d'impertinentes absurdités», introduisit en France (( ce système de liberté et cVégalilé, dogme chéri du calvinisme », « l'audadieux sectaire qui conteste à Dieu, pour en gratifier la multitude, le principe radical des deux puissances - ».

On commence à comprendre qu'il serait imprudent de vouloir revendiquer pour quelques esprits, si grands qu'ils fussent, la paternité d'une révolution comme celle-là^. Plus puissants que les livres, — les malaises d'une société en travail, la poussée imprévue des forces populaires, l'initiative ou la lassitude des grands acteurs, l'appel impérieux des événements, ont bientôt relégué à l'arrière-plan les théories des écrivains, qui souvent même n'avaient été que la transposition intellectuelle ou, si l'on veut encore, l'enregistrement des faits nouveaux. Et, par exemple, dans la vie religieuse de la Révolution, si les doctrines « philosophiques » ont paru triompher, c'est qu'elles réi)ondaient aux exigences sociales et nationales du moment. Ce n'est pas d'abord sous une forme proprement religieuse ou philosophique que le problème de la religion s'est posé pour la France révolutionnaire : il n'a été, au début, qu'un aspect du problème de la nation. Au plus fort de la tourmente dont l'Église a été la victime provisoire, la prédication des (( philosophes » aurait été inefficace, .si cette « philosophie » n'avait trouvé des alliances plus fortes qu'elle dans les rancunes de la démocratie cléricale, dans l'irritation des paysans et du petit peuple contre une organisation ecclésiastique qui n'était plus chrétienne, dans la méfiance

Page 1