‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 19 sur 386 · Id · texte numérisé non relu

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SIGNIFfCATION HISTORIQUE I)K LA « l'ItOFESSION DE FOI ». 29

Jacques n'est pas concentré dans ce seul couplet : bien des fois, comme le lui dit Voltaire, il parle en « fanatique ' ». 11 fait l'éloge du curé de campagne, soit : Voltaire en connaît aussi qui ont bien mérité des honnêtes gens, ne fût-ce que celui d'Étrépigny; il vante les bienfaits de la confession, les « restitutions » et les « réparations » qu'elle procure 2 : c'est déjà plus indiscret; mais, quand il montre le Vicaire Savoyard à l'autel, il n'a pas un mot contre cette « extravagance » de vouloir « mettre son Dieu dans un morceau de pâte^ » : ce sont, au contraire, des sentiments de « vénération », d'adoration, d'humilité intellectuelle; le Vicaire « tâche d'anéantir sa raison devant la suprême intelligence, prononce avec respect les mots sacramentaux, et donne à leur effet toute la foi qui dépend de lui ». Ridicule, impertinent, écrit Voltaire en marge de son Éinite'' : c'est le moins qu'il puisse dire. Ce qui est encore plus « impertinent ». ce sont les conseils pratiques du Vicaire : ils autorisent tous les « fauatismes » : « Être toujours modeste, respecter en silence ce qu'on ne saurait ni rejeter, ni comprendre...; dans l'incertitude où nous sommes, c'est une inexcusable présomption de professer une autre religion que celle où l'on est né ». — « Si tu ne comprends, rejette, lui crie Voltaire. Pourquoi professer des sottises? Il n'y a qu'a se taire et ne rien professer^ ». -Mais le disciple du Vicaire Savoyard professera la religion de son pays : en pays catholique, il sera catholique.

Ainsi la Profession de foi se termine sur une espèce de Génie du Christianisme, Génie individuel et social, qui est la négation même de toutes les thèses « philosophiques ».

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