Religion civile
2. Cf. déjà, dans la fête commémoralive du 20 juin 1790, Raynal associé à Rousseau comme émancipaleur de la nation [586], 47-49.
3. Cf. L'homme au. V quarante écus [126], XXI, :!40. Dictionnaire philosophique [346], XVUI, 303; lettre an comte Scbouvalow, du 3 décembre 1768 [126], XLYI, 178: ■• il n'y a que votre illustre souveraine qui ait raison : elle paye les prêtres, elle ouvre leur bouche et la ferme ; ils sont à ses ordres, et tout est tranquille ».
4. Articles Clerc, Onan, etc.t 46], XVUI, 196-197, XX, 1-35, etc.
faits connus; mais il en est qui le sont moins. Quand on décrit les fêtes religieuses de la Révolution, on a volontiers un souvenir pour l'auteur de la Lettre à D'Alembert et des Considérations sur le gouvernement de Pologne ; on y reconnaît son espi-it '. Je ne crois pas que des souvenirs littéraires suffisent à expliquer des manifestations comme celles-là : ce sont les fédérations qui ont organisé d'ellesmêmes ces fêtes populaires, expression spontanée de l'àme collective. Mais, s'il avait fallu une autorité à tous les fai seurs d'hymnes civiques qui se chanteront au Champ-de- Mars ou dans les temples de la Raison, beaucoup plus que Jean-Jacques, c'est Voltaire qui les aurait encouragés : <c Loin d'abolir le culte public, disait-il, nous voulons le rendre plus pur et moins indigne de l'Être suprême. Vous sentez combien il est indécent de ne chanter à Dieu que des chansons juives, et combien il est honteux de n'avoir pas eu assez d'esprit pour faire vous-mêmes des hymnes plus convenables. Louons Dieu, remercions Dieu à la manière d'Orphée, de Pindare, d'Horace, de Dryden, de Pope, et non à la manière hébra'ique- ». Voilà les conseils qui ont inspiré les ÎNIarie-Joseph Chénier, les Dusausoir, et autres poètes décadaires, quand ils ont composé leurs nouvelles liturgies -^
Pour qui a lu Raynal et Voltaire, pour qui connaît tous ces avocats jansénistes et gallicans qui peuplent la Constituante, ce n'est certes pas Jean-Jacques qui peut être rendu responsable des premiers actes religieux de la Révo-
1. Cf. Lettre à D'Alembert, I, 268-271 ; Considérations, V, 245-248.