Cf. A. Aulard, Le culte de la Raison
:j. Cf. notamment un discours d'Hébert, de brumaire an 11 [572], 82.
et rauleur des I>ialoynes avait dénoncés comme des malfaiteurs pulîlics'.
Peu importe que, dans les diverses fètes où s'affirment ces nouveaux cultes, le nom de Jean-Jacques soit prononcé et sa mémoire bénie : nous avons le droit de dire que son esprit nestpas là. A Paris, la Commune vote une statue « à Jean- Jacques, ami du i?enre humain », entre deux séances de laïcisation anti-chrétienne ; à Besançon, les sectateurs de la Raison se placent sous le patronage de Voltaire, d"Helvetius et de Rousseau ; à Tours, ils remplacent « les vieux saints » par ceux de « la décade républicaine : Mably, Jean-Jacques et Voltaire- » ; à Chartres, le 9 frimaire an VI, dans la ci-devant cathédrale, on iaaugure le culte de la Raison par une fête dramatique, où l'on présente à la foule un Rousseau réconcilié avec Voltaire dans la haine commune du « fanatisme » :
Rousseau,! Voltaire, hommes sublimes, Vous le croyiez mort sous vos coups :
Hélas! il respire après vous, Pour commettre de nouveaux crimes.
Et l'on voyait « paraître sur la scène Voltaire et Rousseau, qui témoignaient leur indignation de voir encore ce tyran de l'esprit humain souiller par sa présence le sanctuaire de la raison. Ces deux philosophes entraient dans le détail de toutes les absurdités dont les prêtres ont berné les peuples, et terminaient leur dialogue par une invocation forte et touchante à la vérité •'' )>. Mais, dans cette réconciliation posthume, c'est Rousseau qui abdique sa personnalité. On a beau se couvrir de son nom poi)ulaire pour prêcher la religion de la nature et le Dieu de la conscience '% le
1. Cf., par exemple, l'invocation à la nature prononcée par Hérault (le Séchelles à la fèto du 10 août 1793 [130], XXVIU, 438. M. Aulard fait justement remar([ucr [372], 32, que toute celte fête de la nature s'inspire consciemment de Diderot; cf. encore Aulard, 80.