‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 191 sur 386 · Id · texte numérisé non relu

Id

. 4. Maximes d'Ibrascha [4791, 183, 186.

divisions intestines qui n"ont jamais cessé d'agiter les peuples chn'-tiens ». Le choix du texte montre bien la pensée de Lantlienas : il s'agit de trouver la religion qui rétablisse dans la nation cette unité morale que le christianisme est venu détruire. Les citations de Rousseau abondent dans ce petit livre; mais elles sont le plus souvent interprétées par un disciple de Raynal ; et, de cette a religion civile >>, il semble que la religion s'évanouisse, pour ne i)lus laisser que le civisme. « La religion, dit-il, est le lien qui réunit les principes conservateurs de la société, qui lie à ces principes les hommes, leur fait observer les devoirs qui en découlent, et fortifie Lamour qu'ils doivent se porter mutuellement ' ». Autrement dit, cette religion n'est plus qu'un code moral, qui se désintéresse sans regret de toute mélaphj'sique, pour se borner aux seuls « devoirs de l'homme et du citoyen », qui affirme l'immortalité de lame, mais mollement et sans en faire un de ces indispensables « sentiments de sociabilité » d'ont parlait fauteur du Contrat : « Si tu ne la crois pas, disait Lantlienas à son fidèle, que d'heureuses habitudes et des principes stables soient ta caution et ton égide; par la moralité, sois uni aux hommes pieux de toutes les opinions - ».

Lantlienas, nous dit-on, refusa toujours de se rallier à la théophilanthropie =*. C'est, sans doute, que ce théoricien de la <i morale républicaine » i-elrouvait encore une sensibilité trop superstitieuse dans cette nouvelle << religion civile », ou peut être, plus humainement, qu'il assistait, sans plaisir, au demi-succès d'une concurrente plus jeune et plus favo- /fisée. Mais, à les regarder de près, toutes ces religions civiles qui végètent à l'ombre du Contrat social se ressemblent comme des sœurs orphelines; et, depuis que le prophète Maximilien n'est i)lus là pour conférer à leurs dogmes je ne sais quelle horreur sacrée, elles ne nous

L Rdi.jion civile [491], 32.

Page 1