‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 195 sur 386 · Chemin, Qu'est-ce que la théophiltinthropie · texte numérisé non relu

Chemin, Qu'est-ce que la théophiltinthropie

3. On retrouverait plutôt le véritable esprit de Jean-Jacques chez les théophilanlhropes, dans la définition de leur attitude générale en face des choses religieuses; cf. La Reveillière [488], 44 : « Mes idées et mes maximes déplairont, sans doute, également aux prêtres et à certains philosophes..., [mais on doit savoir] braver, s'il le faut, les poignards d'un fanatisme sanguinaire et les persécutions d'ope orgueilleuse philosophie ».

les épithètes méprisantos « à toutes les pratiques puériles, et souvent. affreuses, que la superstition avait enseignées aux hommes ' », se laissait manifestement attendrir par tant de souvenirs et de visions catholiques, liés aux sentiments les plus profonds de l'âme. Et voici comment parlait ce disciple de Rousseau, — " Rousseau, déclarait-il. qu'on ne peut citer trop souvent..., et qui n"a fait aimer ses préceptes et ses lois qu'en les revêtissant (sic) de tout ce qui peut agir sur l'Ame et émouvoir le cœur- ».

Les prêtres, disait-il, tpii siiienl faire tourner ;i leiii' avantage toutes les erreurs et toutes les passions, et qui pres(iue loujoin-s ne fondèrent que sur nos vices et sui' nos faiblesses cet empire immense que la raison vient d'anéantir, nos prêtres, du moins, dans tout ce qui appartenait aux dogmes et aux pratiques funèbres, semblent avoir assez bien pensé de riiunianité, pour songer à n'établir leur influence que sur les plus doux sentiments du cœur... J'ai vu avec un attendrissement difficile à rendre, le simple habitant des campagnes porter le fruit de ses sueurs et de son travail au prêtre rustique de son canton, afin d'en obtenir des prières qui pussent accélérer l'instant où son père, qui n'était plus, jouirait du bonlieur sans fin. J'ai vu la mère sensible et tendre, apporter aux mânes de son fils le même tribut d'amour, de bienfaisance et de vertu, et se consoler de sa perle par l'espoir de contribuer encore à son éternelle félicité. Mais la superstition gâte tout ce qu'elle frappe, et rend dangereuses par leurs conséquences les consolations quelle donne. Je ne veux pas que l'on rétablisse des fables, — elles ont régné pendant trop longtemps, et leur empire est trop funeste, — mais que l'on restitue au sentiment les jouissances (pii lui appartiennent ^.

Ce sont là des souhaits qui lisquent pratiquement d'être contradictoires; et bientôt les législateurs ne verront plus d'autre moyen de u restituer au sentiment ses jouis-

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